29.01.2009
Pour séduire l’UE, la Turquie se voit en pompier des crises au Proche Orient
Les Nouvelles d'Arménie, 22 janvier 2009
La Turquie s’impose peu à peu comme un acteur de poids dans la résolution des crises au Proche Orient, avec en arrière-plan l’espoir de prouver à l’Union européenne l’utilité de son adhésion au bloc européen, estimaient mardi les spécialistes.
Depuis le début des opérations de l’armée israélienne contre le mouvement islamiste Hamas à Gaza, le 27 décembre, Ankara, le principal allié d’Israël dans le monde musulman, a multiplié les prises de contact. Tandis que le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan dénonçait avec virulence la violence de l’offensive, qui a fait plus de 1.300 morts côté palestinien, une délégation turque a été dépêchée à Tel Aviv pour rechercher une sortie de crise et une autre a effectué la navette entre Damas et le Caire.
"Nous avons essayé de créer un consensus, de permettre que les inquiétudes de la Syrie et du Hamas soient prises en compte dans les principes de l’initiative égyptienne" qui a facilité l’entrée en vigueur dimanche d’une trêve, a affirmé Ahmet Davutoglu, conseiller diplomatique du Premier ministre.
Les efforts turcs ont notamment permis, selon M. Davutoglu, qui conduisait la délégation envoyée en Syrie et en Egypte, la venue décisive au Caire d’une délégation du Hamas. Depuis l’accession du Parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste) au pouvoir, en 2002, la Turquie, membre de l’Otan et candidat à l’adhésion à l’UE, a renforcé ses liens avec le monde musulman et déployé une politique d’apaisement des conflits régionaux.
La diplomatie turque repose, selon M. Davutoglu, interrogé lundi par des journalistes, sur trois piliers -l’inclusion de tous les protagonistes d’une crise dans les négociations, le maintien de bonnes relations avec tous et le volontarisme- qui valent à Ankara la confiance de ses partenaires.
C’est ainsi que la Turquie a développé des liens avec le Hamas, considéré comme une organisation terroriste par l’UE et les Etats-Unis, joue un rôle de facilitateur dans les négociations entre l’Iran et les grandes puissances sur la question du nucléaire iranien, ou encore a servi d’intermédiaire à des négociations indirectes de paix entre Israël et la Syrie.
Ankara s’est également efforcé d’appliquer ces principes dans le Caucase, lors de la crise russo-géorgienne l’été dernier et en tentant de se rapprocher de l’Arménie en dépit de différends sur la question du génocide arménien et sur le conflit du Haut-Karabagh, opposant l’Arménie et l’Azerbaïdjan.
La Turquie ne s’est pas pour autant détournée des ses ambitions européennes, estime Ibrahim Kalin, directeur de l’institut d’études SETAV, basé à Ankara. "Tout ceci est conforme à la politique étrangère de l’UE. La Turquie est impliquée dans toutes les questions proche-orientales qui concernent l’UE", affirme-t-il. Pour Beril Dedeoglu, spécialiste du Proche Orient à l’université stambouliote de Galatasaray, la Turquie, "quand elle se tourne vers l’Orient, regarde en fait vers l’Occident". "L’influence croissante de la Turquie au Proche Orient aide en fait les relations turco-européennes car les Européens réalisent que l’implication de la Turquie est bénéfique pour l’Europe", assure M. Davutoglu alors que M. Erdogan est à Bruxelles depuis lundi pour dynamiser les négociations d’adhésion de la Turquie à l’UE.
En dépit des propos sévères de M. Erdogan, dénonçant un "massacre d’enfants innocents" à Gaza, la Turquie n’a pas non plus renoncé à son alliance avec Israël, concrétisée en 1996 par la signature d’un accord de coopération militaire, assure le diplomate de haut rang Feridun Sinirlioglu. "Il existe un proverbe turc qui dit qu’on peut dire la vérité à un ami même si elle est douloureuse et rester amis", a commenté lundi M. Sinirlioglu, qui dirigeait la délégation turque en Israël.
Source : http://www.armenews.com/article.php3?id_article=48440
10:48 Publié dans relation UE-Turquie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : turquie, union pour la méditerranée, conflit israélo-palestinien
15.01.2009
Conseil de la Nation : M. Bensalah reçoit l’ambassadeur de la CE
El Moudjahid, 15 janvier 2009
Le président du Conseil de la Nation, M. Abdelkader Bensalah a examiné hier, à Alger avec la nouvelle ambassadrice et chef de la délégation de la Commission européenne à Alger, Mme Laura Baeza, les moyens de promouvoir la coopération bilatérale et ont examiné l'agression israélienne contre Ghaza, indique un communiqué du Conseil. Les deux parties ont évoqué "l'agression israélienne contre Ghaza, le rôle de l'Algérie dans la lutte contre le terrorisme, l'immigration clandestine et l'Union pour la Méditerranée (UPM)", ajoute la même source.
L'entretien a également porté sur les moyens de promouvoir la coopération entre la délégation européenne et l'Algérie notamment en matière d'expertise technique, indique le communiqué avant d'ajouter que la rencontre a permis de passer en revue le dialogue parlementaire avec l'Union parlementaire européenne.
Source : elmoudjahid.com (http://www.elmoudjahid.com/accueil/cooperation/24065.html)
09:03 Publié dans Relations UE-Maghreb | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : union pour la méditerranée, algérie
14.01.2009
L'Union pour la Méditerranée victime collatérale de la guerre de Gaza
La Dépêche du Midi, 14 janvier 2009
Victime collatérale de la guerre de Gaza, l'Union pour la Méditerranée, projet-phare de la France, est gelée, les partenaires arabes refusant de rencontrer Israël.
"On peut parler d'un gel jusqu'à nouvel ordre", a affirmé mercredi à l'AFP un diplomate égyptien de haut rang, ajoutant que "les Arabes ne vont pas courir s'asseoir aux côtés des Israéliens dans un tel climat".
L'Egypte, qui assure la co-présidence de l'UPM avec la France, a pris l'iniative de demander le report de toutes les réunions prévues en janvier pour fixer des règles-clefs de gouvernance de l'Union euro-méditerranéenne.
En juillet dernier, le président français Nicolas Sarkozy avait lancé en grande pompe à Paris cette instance de 43 membres, dont les 27 pays de l'Union européenne, 11 partenaires arabes et Israël.
Une réunion politique des hauts fonctionnaires des pays membres et des comités techniques a été suspendue "temporairement" à la demande de l'Egypte, confirme-t-on de source européenne.
Ces rencontres devaient en particulier régler les questions de base, toujours en suspens, comme la composition et le mandat du secrétariat général chargé de gérer les projets concrets de l'UPM.
Le Caire a évoqué une "surcharge du calendrier diplomatique" liée aux efforts égyptiens pour tenter de mettre fin à la guerre qui a déjà fait près de 1.000 morts dans l'enclave palestinienne.
Mais cette "excuse officielle" servie aux Européens vise à dissimuler le "sentiment insupportable", dit-on au Caire, ressenti par les partenaires arabes à devoir discuter avec une délégation israélienne.
Interrogée à Strasbourg par l'AFP, la représentante de l'Autorité palestinienne auprès de l'UE, Leïla Chahid, a estimé que "même un cessez-le feu ne suffira pas" pour reprendre les réunions.
"Il est évident que nous n'allons pas, dans une situation où nos familles, nos enfants, nos femmes sont assassinés tous les jours par les bombardements, nous asseoir à table avec un gouvernement qui a pris cette décision".
C'est déjà au forceps que l'UPM avait surmonté à la fin de l'année une mini-crise autour de l'intégration de la Ligue arabe, une proposition que récusait, tactiquement, Israël.
Pour prix de son feu vert, Israël avait arraché en novembre, à Marseille, dans le sud-est de la France, un poste de secrétaire adjoint, en symétrie d'un poste similaire pour un représentant de l'Autorité palestinienne.
La décision avait été aussi prise lors de cette réunion ministérielle d'installer le siège de l'UPM à Barcelone, la grande ville catalane qui a donné son nom au processus de dialogue euro-méditerranéen lancé en 1995.
La France a espéré que sa nouvelle "union de projets" - comme la dépollution de la Méditerranée - permettrait notamment de dépasser les clivages politiques liés au conflit israélo-palestinien.
"On est retombé en plein dedans alors que l'UPM était déjà perçue par des pays arabes comme un moyen de leur arracher une normalisation avec Israël", a déclaré à l'AFP un diplomate du sud de l'Europe.
Pour ce diplomate, pour qui les pays arabes se satisfaisaient de la "politique de voisinage" et sont "très remontés" contre Israël, "la France va peiner à remettre sur les rails l'UPM".
Paris pourrait escompter un appui du Caire, même si l'initiative du président Sarkozy lancée il y a semaine pour finir la guerre de Gaza fait l'objet de commentaires mitigés dans les cercles du pouvoir.
Au terme d'une visite express au Proche-Orient, M. Sarkozy avait incité le président Moubarak a annoncer mardi dernier un plan de sortie de crise, à commencer par un cessez-le-feu encore introuvable.
"Ce que M. Sarkozy nous avait dit peut-être naïvement de ses contacts en Israël et en Syrie s'est avéré infondé" a estimé à l'AFP un diplomate égyptien de haut rang.
Source : ladepeche.fr (http://www.ladepeche.fr/article/2009/01/14/523937-L-Union-pour-la-Mediterranee-victime-collaterale-de-la-guerre-de-Gaza.html)
14:16 Publié dans Union pour la Méditerranée | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : conflits israélo-palestinien, union pour la méditerranée
13.01.2009
Gaza : Assad appelle l'UE à faire pression
lefigaro.fr, 13 janvier 2009
Le président syrien Bachar al-Assad a demandé aujourd'hui aux pays européens d'"exercer des pressions" sur Israël pour qu'il cesse son offensive militaire dans la bande de Gaza, au cours d'un entretien avec le chef de la diplomatie espagnole Miguel Angel Moratinos, selon l'agence Sana.
"Il est nécessaire que les pays européens redoublent leurs efforts pour exercer des pressions sur Israël afin qu'il cesse son agression immédiatement, lève le blocus sur le peuple palestinien et ouvre tous les points de passage à Gaza", a dit M. Assad à son interlocuteur, selon Sana.
"Les pays européens doivent s'ouvrir à toutes les parties palestiniennes pour parvenir à des solutions efficaces", a poursuivi M. Assad, en référence au mouvement islamiste Hamas dont le bureau politique est basé à Damas et qui est considéré comme une organisation terroriste par l'Union européenne.
Lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue syrien Walid Mouallem, M. Moratinos a affirmé pour sa part que "la Syrie souhaitait jouer un rôle constructif pour mettre fin à la situation dramatique à Gaza".
"Nous voulons que tous les acteurs jouent un rôle pour mettre fin à cette tragédie. Il est nécessaire de parvenir à un cessez-le-feu le plus vite possible", a affirmé M. Moratinos, en indiquant qu'il se rendait dans l'après-midi en Israël et mercredi en Egypte.
"Nous oeuvrons sur les plans diplomatique et politique pour arrêter les (actions) israéliennes et pour faire cesser les tirs de roquettes (du Hamas) contre Israël", a ajouté le ministre espagnol.
"Israël doit arrêter son agression contre la bande de Gaza", a affirmé pour sa part M. Mouallem.
Source : lefigaro.fr avec AFP (http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/01/13/01011-20090113FILWWW00515-gaza-assad-appelle-l-ue-a-faire-pression.php)
19:46 Publié dans Conflit Israélo-Palestinien | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : conflits israélo-palestinien, union pour la méditerranée
12.01.2009
Les leçons du premier faux pas de la Présidence tchèque
fenêtre sur l'Europe, 11 janvier 2009
Il n’aura pas fallu attendre bien longtemps, 3 jours en fait, pour avoir le premier faux pas de la présidence tchèque de l’Union Européenne. Alors que l’ensemble de la communauté internationale condamnait l’offensive terrestre d’Israël sur Gaza, la présidence tchèque de l’Union Européenne a engendré émotion et consternation après sa première déclaration venant du porte parole du gouvernement tchèque pour la présidence de l’Union Européenne qui déclarait qu’"Il s'agit du franchissement de la frontière de Gaza, il n'y a pas de violence, pas de victimes, nous attendons des informations supplémentaires et nous voudrions plus de détails".
[Laurent Bonsang]
Plus tard dans la journée du 3 janvier, Karel Schwarzenberg, Ministre tchèque des affaires étrangères qui préside le Conseil affaires générales et relations extérieures de l’Union Européenne, rectifiait le tir en déclarant que "L’entrée des forces terrestres israéliennes dans la Bande de Gaza n’est pas surprenante, nous avions depuis un certain temps des signes qu’Israël envisageait une telle action. Même le droit incontestable d’un État à se défendre ne légitime pas que soient entreprises des actions dont les principales victimes sont les populations. Nous appelons donc Israël à autoriser qu’une aide humanitaire soit apportée aux habitants de la Bande de Gaza et, conformément aux conclusions de la rencontre des ministres des Affaires étrangères de l’UE qui s’est déroulée à Paris le 30 décembre 2008, à la conclusion d’un cessez-le-feu."
La porte parole du Ministre tchèque des affaires étrangères justifiait ce changement de la position de la présidence tchèque au nom de l’Union Européenne "à cause des derniers développements."
Quelles ont donc été les motivations qui ont poussé la présidence tchèque à faire la première déclaration ? Est-ce la nostalgie du départ prochain de George Bush et d’une administration néo conservatrice aux Etats-Unis avant l’arrivée d’ici fin janvier de Barack Obama à la Présidence des Etats-Unis ? Est-ce la difficulté inhérente à une première présidence de l’Union Européenne exercée par l’un des Etats membres les plus proches de l’actuelle administration des Etats-Unis qui ne savait pas trop comment se situer par rapport aux Etats-Unis? Est-ce des tensions internes au Gouvernement tchèque et entre certains membres du Gouvernement et le Président tchèque, Vaclav Klaus, sur la question européenne? Car en ce qui concerne Vaclav Klaus, nous ne pouvons pas oublier ses déclarations régulières et répétées contre l’Union Européenne et notamment contre le Traité de Lisbonne et son soutien appuyé au leader du non irlandais, le milliardaire Declan Ganley proche des milieux néo conservateurs des Etats-Unis.
Même si ce premier faux pas a été corrigé, il n’en demeure pas moins que l’Union Européenne ne peut continuer d’être fondée que sur les traités en vigueur.
Faisons un constat entre la crise commencée en septembre dernier et le sujet actuel.
D’un côté, la crise qui a débuté en septembre 2008 a démontré la force de l’Euro, des structures mises en place (BCE, Eurogroupe…) et la faculté de l’Euro de mieux nous protéger ou au pire d’éviter justement le pire. De l’autre, ce premier faux pas de la présidence tchèque sur une question touchant à la Politique Etrangère et de Sécurité Commune (PESC) qui ne repose pas encore sur une assise bien clairement définie et identifiable, sans oublier la Politique de voisinage de l’Union Européenne (rappelons que le conflit se situe à un peu plus de 300 kilomètres de l’Union Européenne et de la côté Sud de Chypre) et le Processus de Barcelone poursuivi par le projet d’Union pour la Méditerranée lancé en juillet dernier.
Il est donc urgent que le Traité de Lisbonne puisse entrer en vigueur. Plus précisément déjà que la République tchèque le ratifie enfin et que l’Irlande organise de nouveau un référendum.
En effet, les dispositions du Traité de Lisbonne sur la PESC notamment sur le haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité (article 9 E du Traité sur l’Union Européenne) auraient sûrement permis à l’Union Européenne d’éviter ce faux pas fâcheux ; elles auraient permis à la présidence de l’Union Européenne d’avoir une cohérence et une continuité dans sa politique extérieure.
Soulignons avec force que ces nouvelles dispositions du Traité de Lisbonne ne font que reprendre celles du Traité Constitutionnel.
Si nous déplorons le retard pris sur l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne et dans le cas présent des dispositions sur la PESC (qui aurait dû entrer en vigueur le … 1er janvier 2009 !!!) à cause du non irlandais et à cause de l’opposition de Monsieur Klaus, nous ne pouvons passer sous silence la responsabilité prise tant par les Pays-Bas que par la France qui ont rejeté le Traité constitutionnel en 2005. Nous ne pouvons passer sous silence que ce premier faux pas de la Présidence tchèque et l’absence d’une PESC plus cohérente et plus efficace est la conséquence de la campagne contre le Traité constitutionnel en France de ceux qui en France avaient accusé le Traité constitutionnel de tous les maux. Que ces politiques assument leur choix dans la situation présente ! Mais qu’ils se gardent de critiquer l’Union Européenne quand justement ils sont responsables de l’absence d’une PESC mieux définie et plus efficace.
Pour en revenir au sujet de l’offensive terrestre d’Israël sur Gaza, je ne peux oublier les propos tenus par le chef d’orchestre Daniel Barenboïm qui dirigeait le concert du nouvel an à Vienne ce premier janvier et qui appelait à la paix notamment dans cette région. Par son courage, par ses actes (notamment la création du West-Eastern Divan Orchestra), Daniel Barenboïm est un homme de paix qui pourrait mériter cette année de recevoir tant le Prix Sakharov que le Prix Nobel de la Paix…
Laurent Bonsange, Président du Mouvement Européen 77
Source : http://www.fenetreeurope.com/php/page.php?section=chroniques&id=0283
09:05 Publié dans Union pour la Méditerranée | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : union pour la méditerranée, présidence tchèque
L'Union pour la Méditerranée bat de l'aile
La Tribune, 12 janvier 2009
La jeune Union pour la Méditerranée (UPM) de Nicolas Sarkozy fait l'amère expérience du vieux processus de Barcelone : sans la paix, point de progrès. Bref, si le partenariat euro-méditerranéen lancé en 1995 à Barcelone n'est pas un succès, c'est essentiellement en raison de tensions politiques et des guerres qui ravagent la rive sud de la Mare Nostrum. L'UPM se casse donc les dents sur les mêmes obstacles que Barcelone. Ainsi, l'Algérie se pose aujourd'hui la question de son appartenance à ce « machin » qui est devenu davantage politique que technique. Alors que son secrétaire général n'est pas encore connu, les secrétariats adjoints ont été distribués à six pays dont Israël et l'Autorité palestinienne.
Lors de la réunion ministérielle de l'UPM, début novembre à Marseille, un consensus s'était dégagé pour que Barcelone accueille le siège et que la Ligue arabe en soit membre à part entière en contrepartie d'un secrétariat général adjoint pour Israël, une situation aujourd'hui « extravagante » selon le ministre algérien des Affaires étrangères, Mourad Medelci. démarche bilatéraleCompte tenu des circonstances actuelles, personne ne s'attend à des progrès substantiels de l'UPM à court terme. « On va continuer à faire du Barcelone », reconnaît-on à la Banque européenne d'investissement (BEI), le bras financier du partenariat euro-méditerranéen. Les trois grands projets inscrits sur l'agenda de la jeune UPM (dépollution de la Méditerranée, plan solaire, autoroutes de la Méditerranée) constituent en fait un ensemble de projets nationaux que la BEI s'efforce de coordonner. Il s'agit plutôt d'une démarche bilatérale de l'Union européenne avec ses partenaires de la Méditerranée qu'une transversalité entre les pays de la rive sud.
Source : latribune.fr (http://www.latribune.fr/espace-perso/paiement.html?idarticle=330287)
08:38 Publié dans Union pour la Méditerranée | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : union pour la méditerranée, algérie
10.01.2009
Forte mobilisation dans tout le Maghreb pour soutenir les Palestiniens et condamner Israël
Le Monde, 10 janvier 2009
SAISIES par un sentiment d'humiliation collective, les populations du Maghreb vivent intensément les événements de Gaza. Les yeux rivés presque 24 heures sur 24 sur la chaîne de télévision Al-Jazira qui consacre une large place à l'offensive israélienne, elles suivent minute par minute, depuis le 27 décembre 2008, les bombardements sur l'enclave palestinienne. Partout, les gens bravent les interdictions de manifester et sortent dans les rues pour exprimer leur colère et leur solidarité.
De Rabat à Tunis en passant par Alger et Nouakchott, le sentiment d'impuissance est immense et l'émotion l'emporte sur l'analyse politique, rapportent tous les observateurs. Le principal souci des pouvoirs en place est de récupérer le ressentiment populaire pour mieux le canaliser.
Vendredi 9 janvier, jour de prières et de rassemblements dans les mosquées, a constitué un pic dans la mobilisation. A Alger, ils sont sortis par milliers dans les rues, après la prière du vendredi, pour dénoncer "les massacres" d'Israël et appeler à la "démission" les régimes arabes. Des incidents violents se sont produits. La police est intervenue. Il y a eu de nombreux blessés, dont certains grièvement.
Les manifestants - des jeunes pour la plupart - ont scandé des slogans hostiles aux Etats-Unis et aux dirigeants arabes, en particulier au président égyptien Hosni Moubarak. "Emmenez-nous à Gaza, donnez-nous des armes" et "Allahou akbar", ont-ils crié. Ali Benhadj, l'ex-numéro deux du Front islamique de salut, a été interpellé par la police pour la septième fois en quinze jours et conduit au commissariat.
La colère des Algériens est cependant loin d'être l'apanage des islamistes. Le chanteur de raï Cheb Khaled, a déclaré il y a quelques jours qu'il était prêt "à prendre les armes pour aller combattre à Gaza". La presse algérienne juge "partiale" la couverture des médias occidentaux, et la déclaration (rectifiée) de la présidence tchèque sur le " caractère défensif" de l'opération israélienne a suscité des commentaires rageurs. Beaucoup y ont vu la preuve que l'Europe n'est qu'un "supplétif" des Etats-Unis.
Une coordination de soutien à la résistance palestinienne a adressé cette semaine une lettre au président Abdelaziz Bouteflika, réclamant le retrait de l'Algérie de l'Union pour la Méditerranée (UPM) créée en juillet 2008 et dans laquelle siège Israël. "La place d'Israël n'est pas à l'UPM. Elle est à Nuremberg aux côtés des nazis", a déclaré un membre de la coordination.
Au Maroc, la colère est la même. Là aussi, Al-Jazira permet de suivre en direct les événements. S'y ajoute Internet, en particulier les sites Daily Motion et YouTube, qui passent en boucle des vidéos dramatiques d'enfants palestiniens tués dans les combats.
Sit-in de protestation, soirées de soutien, collectes de dons, grèves de la faim dans les prisons en signe de solidarité... Les initiatives se multiplient. De nombreuses manifestations, spontanées ou organisées par des ONG, ont eu lieu ces derniers jours, notamment à Casablanca, Marrakech, Fès, et Oujda. Mais la plus importante s'est déroulée le 4 janvier à Rabat. 40 000 personnes ont défilé dans les rues, stigmatisant "le massacre collectif de Gaza" et appelant à la vengeance, aux cris de "djihad, victoire et martyr" et "non à la normalisation (avec Israël)". Le président Moubarak, accusé d'avoir "vendu Gaza en échange de dollars", a été particulièrement conspué.
Le palais royal n'est pas en reste pour manifester son soutien à la cause palestinienne. Vendredi, à l'initiative de Mohammed VI, (qui porte le titre de "Commandeur des croyants"), un premier groupe de blessés palestiniens est arrivé à Rabat pour être soigné. Les caméras de la télévision nationale les ont longuement filmés. Pendant ce temps, des avions bourrés de médicaments et de produits alimentaires, s'envolaient en direction de la ville égyptienne d'Al-Arich, proche de la frontière de Gaza.
En Tunisie, l'émotion et la mobilisation sont également très fortes. Le 1er janvier, une manifestation a été autorisée, mais elle été soigneusement encadrée par le pouvoir. L'opposition qui tentait, avec plusieurs ONG, d'organiser un défilé à part, pour "ne pas être récupérée par le pouvoir", a vite été rappelée à l'ordre. Des tonnes de médicaments, de nourriture et de médicaments sont collectées chaque jour et les Tunisiens prennent d'assaut les centres médicaux pour offrir leur sang, quitte à patienter pendant des heures. Mais c'est via Internet que la mobilisation est la plus grande.
"On assiste, ces derniers temps, à une explosion du site Facebook. Chacun crée son profil et y met une photo d'enfant palestinien massacré ou le drapeau palestinien", témoigne Taïeb Moalla, journaliste. Ce "militantisme électronique" se propage à une vitesse fulgurante, semble-t-il, non seulement en Tunisie mais dans l'ensemble du monde arabo-musulman.
Source : lemonde.fr (http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2009/01/10/forte-mobilisation-dans-tout-le-maghreb-pour-soutenir-les-palestiniens-et-condamner-israel_1140151_3218.html)
22:37 Publié dans Conflit Israélo-Palestinien | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : conflits israélo-palestinien, union pour la méditerranée
06.01.2009
L’Algérie déplore le caractère politique du secrétariat de l'Union pour la Méditerranée (UPM)
Tout sur l'Algérie 6 janvier 2009
Le ministre des Affaires étrangères Mourad Medelci a critiqué le caractère «politique» et pléthorique du secrétariat de l'Union pour la Méditerranée (UPM) suite aux décisions prises par les chefs de la diplomatie des pays membres en novembre à Marseille. Au cours d'un entretien lundi soir à la radio internationale algérienne rapporté par l'agence APS, M. Medelci a affirmé que les rôles au sein du secrétariat de l'UPM ont été "généreusement répartis" au cours de cette réunion.
"Au lieu d'un secrétariat technique et compte tenu du choix des pays, on s'est retrouvé avec un secrétariat politique", a-t-il dit, ajoutant: "Nous sommes sortis avec de nouvelles ambitions à Marseille qui nous ont parues extravagantes". "Au lieu d'un secrétariat léger et technique tel que décidé au sommet de Paris", qui a donné naissance en juillet dernier à l'UPM, la réunion de Marseille a décidé d'un "secrétariat composé de sept secrétaires généraux adjoints", a relevé le ministre.
Deux de ces postes ont notamment été attribués à l'Autorité palestinienne et Israël.
M. Medelci a aussi déploré que le secrétaire général de l'organisation ne soit pas encore désigné - poste auquel l'Algérie "n'est pas candidate" - alors que la déclaration de Paris prévoyait qu'il serait opérationnel au 1er janvier 2009. Un consensus ministériel s'était dégagé à Marseille pour que l'UPM siège à Barcelone et que la Ligue arabe en soit membre à part entière en contrepartie d'un secrétariat général adjoint pour Israël.
Source : TSA (http://www.tsa-algerie.com/L-Algerie-deplore-le-caractere-politique-du-secretariat-Unio_5764.html)
14:17 Publié dans Union pour la Méditerranée | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : union pour la méditerranée, algérie
30.12.2008
"La conclusion d'un accord de libre-échange est primordiale"
Le Maghreb, 30 décembre 2008
Entretien avec son excellence M. Ahmet Necati Bigali , l'Ambassadeur de Turquie en Algérie
L'Algérie et la Turquie entretiennent des liens particuliers, estimés d'excellents par l'ambassadeur de Turquie qui nous a accordé cet entretien, lors duquel il a exprimé son souhait de fonder une relation stratégique, basée sur le long terme. Il a exprimé sa conviction dans cet entretien que les échanges vont augmenter davantage avec la signature d'un accord de libre-échange qu'il estime nécessaire.
L'Algérie et la Turquie comptent mettre le maximum d'atouts de leur côté pour bâtir une coopération dense et durable. La Turquie est aussi le seul pays qui ne fait pas partie de la Méditerranée occidentale avec lequel l'Algérie a signé un Traité d'amitié et de coopération en 2006.
Le Maghreb : Comment voyez-vous les relations algéro-turques actuellement ?
M. Ahmet Necati Bigali : Avec l'Algérie, nous avons un passé commun. Dans un passé un peu lointain, nous avons partagé une histoire commune. Aujourd'hui aussi nous partageons les mêmes valeurs culturelles et spirituelles. Nous avons de très bonne relations avec l'Algérie depuis ces dernières années. On a réalisé plusieurs visites réciproques de haut niveau. Nous avons des relations excellentes du point de vue économique, commercial et culturel. Nous voulons améliorer et développer ces relations davantage dans le futur.
Il est question de signer un accord de libre-échange, ou en est ce projet ?
Effectivement, depuis des années nous désirons signer un accord de libre-échange avec l'Algérie. Nous avons déjà signés cet accord de libre-échange avec les pays du Maghreb, tels le Maroc, la Tunisie, l'Egypte. Donc nous voulons aujourd'hui conclure ce même accord avec l'Algérie. D'ailleurs, l'accomplissement de cet accord est prévu aussi par nos engagements avec l'Union européenne. Il faut noter, dans ce même contexte, que cet accord est prévu dans l'engagement de l'accord d'association de l'Algérie signé avec l'Union européenne. C'est en quelque sorte un engagement de la part de l'Algérie et de la Turquie. J'espère que cela se fera dans les délais les plus proches. Cela va beaucoup contribuer au développement des relations économiques et commerciales entre les deux pays.
A quelle hauteur se situent les échanges commerciaux entre les deux pays ?
Il y a une tendance l'amélioration des relations commerciales entres les deux pays. Nous avons un contrat d'une durée de 20 ans signé en 1995 avec l'Algérie, qui porte sur l'achat par la Turquie de gaz naturel liquéfié (GNL). A l'issue de ce contrat, la Turquie achète chaque année du gaz pour un montant avoisinant les 2 milliards de dollars. Ce montant constitue une grande partie du volume commercial entre les deux pays. Le volume actuel des échanges commerciaux est estimé à 3,5 milliards de dollars. Ce montant est du essentiellement à l'achat de GNL, et c'est au profit de l'Algérie. Mis à part cela, il y a très peu d'importation de la Turquie en provenance de l'Algérie. Celles qui existent se résument à certaines matières premières.
Quel est le volume des importations de l'Algérie en provenance de la Turquie ?
L'Algérie importe de la Turquie des bien manufacturés, des engins, des équipements industriels et de l'alimentation et toutes sortes de machines industrielles. Le volume des importations est estimé entre 800 et 900 millions de dollars. Ce qui reste en deçà des espérances. Cela est d^^u aux taxes douanières qui sont très élevées à cause de l'inexistence d'un accord de libre-échange. A titre d'exemple, les biens provenant de la Turquie sont soumis à une taxe douanière qui varie entre 15% et 30%. Alors que les biens qui sont importés de l'Union européenne sont soumis entre 0% et 5%. On constate de ce fait, une large différence. C'est un désavantage pour les exportations de la Turquie. En conséquence, nous voulons que les mêmes conditions soient appliquées. C'est d'ailleurs pour cela que nous attachons une grande importance à la signature d'un accord de libre-échange avec l'Algérie.
Vous évoquez souvent la signature de l'accord de libre-échange, est-ce que vous pensez que cela peut être conclu prochainement ?
Nous avons transmis notre demande aux autorités algériennes depuis bien longtemps, et nous attendons une réponse favorable de la partie algérienne afin d'entamer les conversations qui vont aboutir à cet accord.D'ailleurs, nous sommes prêts à faire venir en Algérie une délégation d'experts pour d'éventuelles conversations exploratoires. Nos experts peuvent exprimer au préalable l'intérêt de cet accord pour les deux pays, à savoir qu'est-ce qu'il peut apporter ?, quels sont ses avantages ?... Nous avons des experts qui attendent l'invitation du coté algérien pour entamer les discussions.
Dans quel domaine d'activité intervient la coopération algéro-turque ?
Nous avons signé des accords dans plusieurs domaines, et nous envisageons de signer d'autres dans pratiquement tous les domaines. En l'occurrence dans l'économie, la justice, les douanes et la culture… Nous avons un cadre légal mais il y a encore certains agréments qui manquent et nous espérons les signer dans un futur proche. Nous envisageons de signer dans l'avenir des accords dans le domaine culturel, et nous sommes en train de préparer un agrément sur la sécurité sociale, dans les ressources halieutiques et notamment dans le conseil constitutionnel des deux pays.
Qu'en est-il de la signature du traité d'amitié conclu en 2006 ?
En 2006, nous avons signé avec l'Algérie un traité d'amitié et de coopération. L'Algérie attache beaucoup d'importance à ce point. Il faut noter que l'Algérie a signé ce traitét seulement avec le Portugal, l'Espagne et l'Italie. Et la Turquie est le quatrième pays avec lequel l'Algérie a signé le traité d'amitié. Et depuis, nous planifions toutes nos activités.
Est-ce qu'il y a beaucoup d'entreprises turques qui sont installées en Algérie ?
Il y a à peu près 150 entreprises turques qui activent en Algérie, dont une cinquantaine travaillent dans le secteur du bâtiment. Ces entreprises contribuent au redressement économiques et infrastructurel de l'Algérie. Il y a aussi d'autres compagnies qui sont actives dans le domaine du commerce et des services. D'autres ont carrément investi en Algérie, mais le montant des investissement reste dérisoire, il est de l'ordre de 350 millions de dollars. Nous sommes à cheval sur cette question, et nous incitons toujours les entreprises turques à investir davantage en Algérie. Nous espérons qu'elles renforceront leur présence. La conclusion de l'accord de libre-échange va incontestablement promouvoir les relations commerciales entre l'Algérie et la Turquie.
Pensez-vous que le climat de l'investissement en Algérie est propice ?
Oui, les conditions d'investissement sont propices en Algérie. Le gouvernement algérien s'efforce de créer des conditions favorables pour les investissements étrangers. C'est un pays qui est en transition vers l'économie de marché. Il est clair que cela prend du temps, mais nous constatons des changements structurels au niveau des domaines économiques.
Est-ce qu'il y a des entreprises algériennes qui sont installées en Turquie ?
Les hommes d'affaires algériens installés en Turquie sont très peu. Peut être qu'il se dirigent vers d'autres pays. Là aussi, nous exprimons notre souhait de voir des investisseurs algériens monter leurs affaires en Turquie.
Est-ce que vous envisagez d'appliquer des mesures de facilitations pour l'attribution de visas, puisque l'engouement des Algériens est grandissant pour la Turquie ?
Nous constatons une augmentation constante des Algériens qui se rendent en Turquie. En 2008, les services consulaire ont attribué pas moins de 40 000 visas. C'est une destination qui est très attractive pour les Algériens. Nous sommes très satisfaits de constater ce rush. Nos deux peuples ont beaucoup de choses en commun, il y a beaucoup de similitudes entres nos deux cultures. Le Visa entre les deux pays continuera à être en vigueur, et c'est un souhait émis par les deux parties quant à la continuité de l'exigence du visa.
Mais il faut noter que notre Ambassade accorde facilement des Visas et sans aucune difficultés. D'ailleurs, on n'enregistre pas de refus.
Est-ce qu'il y a une forte communauté algérienne qui est installée en Turquie ?
Non, je ne crois pas qu'il y a une forte présence des Algériens en Turquie. Il y a certains ressortissants algériens, mais ce n'est pas très significatif. Et du coté turc, est-ce qu'ils sont nombreux les turcs qui vivent en Algérie ? D'après nos estimations, nous avons environ 5 000 turcs qui vivent en Algérie, mais la plupart d'entre eux sont des gens qui travaillent ici dans des projets de construction et autres. Donc ce sont beaucoup plus des hommes d'affaires, des ingénieurs, des travailleurs.
Est-ce qu'il est prévu des visites officielles entre les deux pays en 2009?
Oui, effectivement, entre le 10 et le 13 janvier prochain, le président de la grande Assemblée nationale de Turquie viendra en Algérie pour une visite officielle à l'invitation de son homologue le président de l'Assemblée populaire nationale, M. Abdelaziz Ziari. Au cours de l'année 2009, nous attendons plusieurs visites officielles mutuelles.
Dans le cadre de l'Union pour la Méditerranée (UPM), des projets ont été retenus pour le pourtour de la Méditerranée, pouvez-vous nous dire quel est le degré d'engagement de la Turquie dans cette démarche ?
Nous faisons partie de l'UPM (Union pour la Méditerranée) parce que la Turquie est un pays méditerranéen, nous avons eu aussi le poste du sixième secrétariat général adjoint, donc nous pensons que c'est un forum où les pays européens et méditerranéens pourront renforcer la coopération. Rappelons qu'il y a 43 pays qui participent à cette union. Ils faut donc se pencher sur des projets qui peuvent se réaliser dans différents domaines au niveau de la région méditerranéenne. Par exemple, les questions de l'environnement et de la pollution, le dessalement de l'eau de mer. Il y a donc plusieurs domaines de coopération dans cette région.
Source : Le Maghreb (http://www.lemaghrebdz.com/lire.php?id=15346)
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24.12.2008
Union pour la Méditerranée : un projet trop ambitieux ?
Par Olivier Clave
article publié dans le Journal de la Paix, n° 500, juin 2008
« Le temps est venu de bâtir au centre une Union méditerranéenne, qui sera un trait d’union entre l’Europe et l’Afrique » Nicolas Sarkozy
Persuadé de la nécessité d’une politique commune aux deux rives de la Méditerranée, Nicolas Sarkozy, avec son projet d’Union pour la Méditerranée (UPM), semble avoir surpris ses partenaires européens et méditerranéens. Malgré son aspect novateur sur la forme et nonobstant les avantages qu’il pourrait présenter tant pour les Méditerranéens que pour les Européens, beaucoup d’entre eux s’interrogent sur sa pertinence au regard des institutions ayant le même objet ou presque, et qui existent déjà.
Quelle forme ce projet prendra-t-il ? Quelles sont les réelles motivations de l’Elysée ? Pourquoi suscite-t-il tant d’interrogations, voire d’oppositions ? N’est-il pas trop ambitieux ?
* * *
Pour comprendre la genèse de ce projet, il paraît nécessaire de faire un retour rapide sur les antécédents européens vis-à-vis de la Méditerranée. En effet, l’idée n’est pas nouvelle. Très tôt, la CEE s’est tournée vers ses riverains. Ainsi, dès 1972 elle proposait la Politique Méditerranéenne Globale (PMG) destinée à aider au développement, à la modernisation et à la diversification des entreprises industrielles et agricoles. Un volet de la PMG visait la création d’une union douanière entre certains pays, avec une possibilité d’adhésion à la Communauté. Toutefois, se révélant un échec, elle devait être relancée en 1990 sous le nom de PMR (Politique Méditerranéenne Rénovée), sans effets notables non plus.
Mais, c’était surtout à partir du milieu des années 1990 que l’Union Européenne émettait la volonté d’institutionnaliser ses relations avec les pays du pourtour méditerranéen. Profitant du vacillement des monopoles relationnels que la France, principalement, entretenait avec la région, l’UE convoquait une réunion des chefs d’Etat en Espagne les 27 et 28 novembre 1995 donnant ainsi naissance au processus de Barcelone. Conçu comme un partenariat euro-méditerranéen (PEM), il devait permettre la mise en place de projets entre les deux rives. C’est dans ce cadre qu’une multitude d’accords d’associations ont été signés, notamment avec Israël et avec l’Autorité Palestinienne. En outre, les dirigeants européens ont institué la Politique Européenne de Sécurité et de Défense (PESD) d’où résulte la Politique Européenne de Voisinage (PEV). Cette PEV propose aux voisins de l’UE une collaboration étroite dans des domaines tels que la lutte anti-terroriste.
Enfin, des partenariats informels sont nés dans les années 80 et 90 comme le dialogue 5+5 et le Forum Méditerranéen. Le dialogue 5+5 est une enceinte qui regroupe dix pays riverains du bassin occidental de la Méditerranée. Il porte sur toutes les questions politiques qui ne font pas double emploi avec le PEM mais qui ont plutôt pour vocation de le consolider. Le Forum Méditerranéen quant à lui est né en 1994 d’une initiative franco-égyptienne, regroupant 11 pays et ayant pour vocation de rapprocher les positions de ses participants avant les réunions à 27 du PEM.
La volonté européenne d’institutionnaliser ses relations avec ses partenaires méditerranéens n’est donc pas un fait nouveau mais s’est révélé souvent un échec. Le processus de Barcelone qui chapeaute aujourd’hui l’ensemble des initiatives en la matière illustre ce paradoxe. Ainsi, nombre d’observateurs et de praticiens constatent l’échec du processus et pointent notamment son manque de réalisations concrètes. A Tunis, en avril, Nicolas Sarkozy fustigeait un partenariat inefficace et chancelant qui fait « l'erreur » de se fonder sur « une relation inégalitaire où l'un décide et l'autre reçoit » . Les propositions du président français, qui assurera dès juillet la présidence du Conseil de l’Union Européenne, visent donc à donner un second souffle à ce processus et à le propulser dans le concret.
* * *
L’idée d’un partenariat ou plutôt d’un assistanat ne séduit donc plus personne aujourd’hui. Que propose dès lors le projet de Nicolas Sarkozy ?
Il s’agit de créer une union régionale politique et inclusive dans laquelle l’Europe du Sud et la Méditerranée aurait une responsabilité particulière, s’articulant autour de rencontres périodiques entre les pays riverains. Sur le modèle du conseil de l’Europe, un conseil de la Méditerranée jouerait le rôle de secrétariat. La lutte contre la corruption, le crime organisé et le terrorisme constituerait un pilier fondamental du projet. Par ailleurs, un système de sécurité collective serait mis en place. Enfin, l’UPM s’engagerait sur des projets précis et déterminants, avec en premier lieu l’environnement (la dépollution de la Méditerranée), la coopération dans les domaines de l’énergie (plan solaire), de l’aménagement des territoires (interconnexion de l’autoroute du Maghreb), des itinéraires d’échange (autoroutes de la mer), mais également le dialogue des cultures, la croissance économique, le développement social et l’espace de sécurité méditerranéen .
Les Etats concernés sont bien entendu d’abord ceux qui sont riverains de la Méditerranée, soit 23 Etats. La ligue arabe et l’Union Européenne y seraient aussi parties prenantes.
Pour les promoteurs de l’UPM, qui voient en la Méditerranée un monde aujourd’hui en perte de vitesse, le projet permettrait d’éviter que la région devienne un espace « périphérisé ». Certains y voient aussi un moyen d’endiguer l’hégémonie américaine dans une région considérée comme une zone d’influence naturelle de l’Europe . De plus, bien que pour Henri Guaino, co-initiateur du projet , il ne faille pas « conditionner la coopération avec la Méditerranée à la résolution des questions politiques », certains experts n’hésitent pas à voir dans l’UPM une mission de paix qui serait l’occasion de régler des conflits latents, à commencer par celui du Proche Orient, mais aussi les questions du Sahara Occidental et des conflits Syro-libanais et Turco-grec. Enfin, certains experts s’accordent à dire qu’à « l‘échelle continentale, le rapport à la Méditerranée est devenu un des facteurs organisateurs du projet européen » . Ainsi, ce projet méditerranéen pourrait réamorcer la dynamique de la construction européenne.
Mais des questions tant de formes que de fond restent en suspens. Deux particulièrement : Qui seront les heureux membres européens de cette union ? Les 23 pays du pourtour seront-ils tous invités en même temps, ou seulement les pays du Maghreb auxquels on adjoindrait quelques pays du Machrek ? Ces questions sont d’autant plus importantes qu’elles détermineront l’efficacité de la future UPM. Pour Hubert Védrine, « Il faut éviter d’inclure trop de pays avec tous leurs problèmes. Il faudra commencer avec quelques pays, puis élargir l’Union à d’autres » .
Les voyages présidentiels en Europe d’une part, puis en Algérie (juillet et novembre 2007), au Maroc (octobre 2007), en Egypte (décembre 2007) en Tunisie (avril 2008) ont été l’occasion pour le président français de présenter ce projet et d’en faire la promotion, dans la perspective de la présidence française de l’UE et du sommet fondateur, prévu le 13 juillet 2008. Comment le projet a-t-il été accueilli ?
* * *
Une fois l’effet d’annonce passé, les réactions n’ont pas tardé à se faire entendre.
L’accueil des européens réservé au projet est à la mesure de leur surprise. Les premiers à réagir furent les Allemands. Comme nombre de projets français pour l’Europe, le soutien de l’Allemagne y est un point crucial. Or, vexée de ne pas avoir été associée à son élaboration, Berlin s’y est d’abord montrée réticent. Nicolas Sarkozy est toutefois parvenu à un compromis avec Angela Merkel le 3 mars 2008. Déjà en décembre 2007, le président français avait accepté d’abandonner le projet d’une union institutionnelle au profit d’une structure plus légère, plus souple et plus concrète. Il a été aussi admis d’appeler ce projet « Union pour la Méditerranée » (et non plus Union de la Méditerranée). Enfin, les deux dirigeants ont confirmé le fait que ce soit un projet de l’Union Européenne : « C’est un nouveau projet qui s’appuie sur tout ce qu’a fait Barcelone et qui n’exclut personne » . Mais, en dépit du ralliement allemand, les réactions des autres intéressés restent mitigées.
Au sein des instances européennes, Benita Ferrero Waldner, commissaire chargée des Relations extérieures, exprime à elle seule le sentiment des européens sur le projet : « Tous les projets qui entrent dans [la PEV] et qui pourraient être portés par l’UE, sont bienvenus. Mais cela doit entrer dans ce cadre ». En effet, ne risque-t-il pas d’y avoir une confusion entre initiative française et engagement européen en Méditerranée ? La France s’inquiète de voir des puissances étrangères (Etats-Unis et Chine) s’intéresser aussi à la région. Il en est de même pour l’UE, principal partenaire commercial de l’Algérie, du Maroc et de la Tunisie. Le projet pourrait répondre à ces deux inquiétudes en même temps. N’oublions pas que la France dispose d’une assise solide au Maghreb et entretient toujours des relations privilégiées avec la zone géographique. Son rapport au Maghreb ne concerne pas seulement sa politique étrangère. C’est un enjeu qui touche aussi à l’Histoire et à la société française d’aujourd’hui.
L’approche turque du projet provoque de plus des inquiétudes, tant et si bien que certains n’hésitent pas à y voir une forme de substitution à son adhésion à l’UE. Enfin, certains partenaires européens estiment que l’on « ne peut envisager le lancement d’une Union Méditerranéenne sans avoir réglé au préalable les problèmes politiques entre les futurs membres » . Les divisions du Monde arabe ne se résoudront pas avec la seule Union de la Méditerranée, et risquent même selon eux de menacer le fonctionnement de celle-ci.
D’autres problèmes, d’ordre identitaire se posent également aux Européens. Premièrement, quel sera le positionnement de l’UE face à la Charte Atlantique ? Si une telle union peut œuvrer en faveur d’une diplomatie unique européenne, certains Etats préfèrent donner la priorité à l’Alliance Atlantique. Deuxièmement, l’Europe ne joue-t-elle pas son identité avec ce projet. Le risque serait de voir les 27 se diviser en bloc régionaux internes, entre la Baltique, l’Atlantique et la Méditerranée par exemple. Les Européens s’interrogent donc beaucoup sur un projet qui ne les rassure pas pour autant.
Les réactions des autres Etats du pourtour méditerranéen sont tout autant dubitatives. Ainsi, au Maghreb, à l’exception d’un Maroc enthousiaste qui souhaite obtenir de l’Union Européenne un statut particulier dans ses relations, les autres Etats membres du dialogue 5+5 se montrent réservés. L’Algérie souhaite s’en tenir aux accords de partenariat existants avec l’UE. Quant à la Tunisie, elle préfèrerait un renforcement de la formule 5+5 relative à la Méditerranée Occidentale. Notons également qu’il a existé des tentatives d’union dans la région avec l’Union du Maghreb Arabe. Mais, ce projet vieux de vingt ans n’a pas été réellement accompli en raison de profondes divergences entre les cinq pays membres (Algérie, Maroc, Tunisie, Libye et Mauritanie). D’autres priorités se sont fait jour, notamment grâce aux investissements américains et chinois dans la région. Enfin, les récents propos du président français sur la colonisation ont froissé les populations locales, et ont contribué à brouiller le discours des autorités françaises. Or ce projet ne serait-il pas un moyen pour la France de relancer sa politique arabe ? Depuis son intervention dans la guerre du golfe en 1991, la France souffre d’un déficit d’image dans la région. Sa place et sa crédibilité n’ont cessé de se dégrader depuis. Quel crédit apporter à ce dessein si français ?
Au Levant, hormis l’Egypte et Israël, les autres Etats ne manifestent pas grand intérêt. Tel Aviv y voit une occasion d’engager un dialogue avec des Etats qui lui sont traditionnellement distants. Pourtant, aucun pays non européen du pourtour méditerranéen ne souhaite voir l’Etat hébreux intégrer l’UPM. C’est là l’un des rares points de consensus sur la question de l’UPM. Déjà, des dirigeants arabes, dont le président Libyen, menacent de ne pas participer à la conférence de Paris du 13 juillet si Israël est représenté.
Les Turcs voient dans ce projet « un billet de seconde classe pour l’Occident », pour reprendre les propos d’un intellectuel. La volonté du président français de les détourner de l’adhésion à l’UE les agace et ils n’acceptent pas que l’UPM soit présentée comme un prix de consolation. De façon globale, le projet a, à leurs yeux, une vocation à se substituer à de futures étapes d’intégrations de pays à la marge de l’UE.
* * *
Le succès de cette conférence devant acter la naissance officielle de l’UPM aura donc valeur de test. La diplomatie française s’est chargée de la promotion du projet phare de la présidence française de l’UE. Confronté à des résistances et des interrogations, Nicolas Sarkozy, a déjà revu sa copie au moins sur deux points. Le premier concerne les processus existants (PEM, 5+5 et Forum Méditerranéen) : ils ne disparaîtront pas, bien au contraire, car il s’agira de tirer l’ensemble vers le haut en leur donnant une dynamique globale . Le deuxième point concerne les membres européens : d’abord cantonné à l’Europe dans son aspect méditerranéen (8 pays), le projet a fait l’objet de tractations visant à impliquer l’ensemble des membres de l’UE. Les « chasses gardées » diplomatiques irritent en effet plus d’un pays européens.
De façon plus globale, ce projet peut avoir une valeur de test en matière de diplomatie unique européenne. A cet égard, il faut bien comprendre que si l’Union Méditerranéenne devait échouer, le coût politique (médiatique) en serait certes assumé par le président Sarkozy qui s’est particulièrement investi dans le projet ; mais le coût historique serait d’abord accusé par l’Union Européenne qui illustrerait ainsi sa paralysie et ses divisions. La partie semble donc loin d’être gagnée.
Mais n’oublions pas que seule l’ambition nous a conduit à Rome en 1957. La timidité et la peur n’ont jamais contribué au succès de l’histoire de la construction européenne. Souhaitons qu’il en soit de même pour l’Union Pour la Méditerranée.
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