29.01.2009
Pour séduire l’UE, la Turquie se voit en pompier des crises au Proche Orient
Les Nouvelles d'Arménie, 22 janvier 2009
La Turquie s’impose peu à peu comme un acteur de poids dans la résolution des crises au Proche Orient, avec en arrière-plan l’espoir de prouver à l’Union européenne l’utilité de son adhésion au bloc européen, estimaient mardi les spécialistes.
Depuis le début des opérations de l’armée israélienne contre le mouvement islamiste Hamas à Gaza, le 27 décembre, Ankara, le principal allié d’Israël dans le monde musulman, a multiplié les prises de contact. Tandis que le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan dénonçait avec virulence la violence de l’offensive, qui a fait plus de 1.300 morts côté palestinien, une délégation turque a été dépêchée à Tel Aviv pour rechercher une sortie de crise et une autre a effectué la navette entre Damas et le Caire.
"Nous avons essayé de créer un consensus, de permettre que les inquiétudes de la Syrie et du Hamas soient prises en compte dans les principes de l’initiative égyptienne" qui a facilité l’entrée en vigueur dimanche d’une trêve, a affirmé Ahmet Davutoglu, conseiller diplomatique du Premier ministre.
Les efforts turcs ont notamment permis, selon M. Davutoglu, qui conduisait la délégation envoyée en Syrie et en Egypte, la venue décisive au Caire d’une délégation du Hamas. Depuis l’accession du Parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste) au pouvoir, en 2002, la Turquie, membre de l’Otan et candidat à l’adhésion à l’UE, a renforcé ses liens avec le monde musulman et déployé une politique d’apaisement des conflits régionaux.
La diplomatie turque repose, selon M. Davutoglu, interrogé lundi par des journalistes, sur trois piliers -l’inclusion de tous les protagonistes d’une crise dans les négociations, le maintien de bonnes relations avec tous et le volontarisme- qui valent à Ankara la confiance de ses partenaires.
C’est ainsi que la Turquie a développé des liens avec le Hamas, considéré comme une organisation terroriste par l’UE et les Etats-Unis, joue un rôle de facilitateur dans les négociations entre l’Iran et les grandes puissances sur la question du nucléaire iranien, ou encore a servi d’intermédiaire à des négociations indirectes de paix entre Israël et la Syrie.
Ankara s’est également efforcé d’appliquer ces principes dans le Caucase, lors de la crise russo-géorgienne l’été dernier et en tentant de se rapprocher de l’Arménie en dépit de différends sur la question du génocide arménien et sur le conflit du Haut-Karabagh, opposant l’Arménie et l’Azerbaïdjan.
La Turquie ne s’est pas pour autant détournée des ses ambitions européennes, estime Ibrahim Kalin, directeur de l’institut d’études SETAV, basé à Ankara. "Tout ceci est conforme à la politique étrangère de l’UE. La Turquie est impliquée dans toutes les questions proche-orientales qui concernent l’UE", affirme-t-il. Pour Beril Dedeoglu, spécialiste du Proche Orient à l’université stambouliote de Galatasaray, la Turquie, "quand elle se tourne vers l’Orient, regarde en fait vers l’Occident". "L’influence croissante de la Turquie au Proche Orient aide en fait les relations turco-européennes car les Européens réalisent que l’implication de la Turquie est bénéfique pour l’Europe", assure M. Davutoglu alors que M. Erdogan est à Bruxelles depuis lundi pour dynamiser les négociations d’adhésion de la Turquie à l’UE.
En dépit des propos sévères de M. Erdogan, dénonçant un "massacre d’enfants innocents" à Gaza, la Turquie n’a pas non plus renoncé à son alliance avec Israël, concrétisée en 1996 par la signature d’un accord de coopération militaire, assure le diplomate de haut rang Feridun Sinirlioglu. "Il existe un proverbe turc qui dit qu’on peut dire la vérité à un ami même si elle est douloureuse et rester amis", a commenté lundi M. Sinirlioglu, qui dirigeait la délégation turque en Israël.
Source : http://www.armenews.com/article.php3?id_article=48440
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01.01.2009
Paris et Ankara relaient une Ligue arabe très divisée
Figaro du 1er janvier 2009
Après s'être rendu en Syrie et en Jordanie, le premier ministre turc devait s'entretenir jeudi en Égypte avec le président Moubarak.
La communauté internationale continuait jeudi de rechercher, en ordre dispersé, les conditions d'un cessez-le-feu à Gaza. Une réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations unies a pris fin mercredi soir sans qu'un vote soit organisé sur le projet de résolution de la Ligue arabe. Le document appelait à un «cessez-le-feu immédiat» et demandait la protection des civils palestiniens, l'ouverture des points de passage de la bande de Gaza et dénonçait le «recours excessif, disproportionné et indiscriminé à la force par Israël». La seule allusion aux tirs de roquette des militants palestiniens mentionnait la «détérioration de la situation dans le sud d'Israël». Un texte inacceptable en l'état par les États-Unis et la plupart des pays européens.
La Ligue arabe, consciente de devoir négocier, enverra une délégation ministérielle à New York au début de la semaine prochaine. Mais les Nations unies sont loin de représenter le seul forum de discussion. Outre la tournée de Nicolas Sarkozy dans la région, le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan met tout son poids dans la balance pour obtenir un cessez-le-feu, en concertation avec les pays arabes. Il devait s'entretenir jeudi en Égypte avec le président Hosni Moubarak, après s'être rendu la veille en Syrie et en Jordanie. «Il faut s'y faire, reconnaît un diplomate arabe. Il y a maintenant des acteurs multiples dans le règlement du conflit, et la Turquie joue un rôle prépondérant. Ankara, c'est comme un central téléphonique. Tout le monde passe par lui, des Israéliens au Hamas.»
L'exemple du Sud-Liban
La Turquie profite en outre de la division des pays arabes, dont le projet de résolution présenté à l'ONU relevait du service minimum. En réalité, la Ligue est partagée entre la Syrie et le Qatar, qui souhaitent impliquer le Hamas dans les négociations, et la plupart des autres, qui se méfient profondément du mouvement islamiste, considéré comme un mauvais exemple pour leurs populations. Le PND, le parti au pouvoir en Égypte, taxe le Hamas d'«aventurisme» et le rend responsable de la crise. «La proposition saoudienne d'un gouvernement palestinien d'union nationale, note un diplomate, revient à diluer le mouvement islamiste dans une Autorité palestinienne dénuée de pouvoir, sans modification des statuts de l'Organisation de la Palestine (OLP), représentante historique des Palestiniens, à laquelle le Hamas ne participe pas.»
Le mouvement islamiste souhaite au contraire être reconnu comme acteur d'un cessez-le-feu éventuel, ce qu'Israël et les États-Unis refusent. Cela n'empêche pas nombre de diplomates de laisser flotter l'idée d'un accord similaire à l'«entendement» d'avril 1996 au Sud-Liban, parrainé par le Liban, Israël, la Syrie, la France et les États-Unis, qui reconnaissait de facto, à travers le Liban, le Hezbollah libanais comme interlocuteur, et traçait les limites du conflit en interdisant aux deux belligérants, Israël et le Hezbollah, de s'en prendre aux civils des deux côtés.
Source : le Figaro (http://www.lefigaro.fr/international/2009/01/02/01003-20090102ARTFIG00009-paris-et-ankara-relaient-une-ligue-arabe-tres-divisee-.php)
12:44 Publié dans Conflit Israélo-Palestinien | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : union européenne, turquie, ligue arabe, israël, gaza, conflit israélo-palestinien, cessez-le-feu
30.12.2008
"La conclusion d'un accord de libre-échange est primordiale"
Le Maghreb, 30 décembre 2008
Entretien avec son excellence M. Ahmet Necati Bigali , l'Ambassadeur de Turquie en Algérie
L'Algérie et la Turquie entretiennent des liens particuliers, estimés d'excellents par l'ambassadeur de Turquie qui nous a accordé cet entretien, lors duquel il a exprimé son souhait de fonder une relation stratégique, basée sur le long terme. Il a exprimé sa conviction dans cet entretien que les échanges vont augmenter davantage avec la signature d'un accord de libre-échange qu'il estime nécessaire.
L'Algérie et la Turquie comptent mettre le maximum d'atouts de leur côté pour bâtir une coopération dense et durable. La Turquie est aussi le seul pays qui ne fait pas partie de la Méditerranée occidentale avec lequel l'Algérie a signé un Traité d'amitié et de coopération en 2006.
Le Maghreb : Comment voyez-vous les relations algéro-turques actuellement ?
M. Ahmet Necati Bigali : Avec l'Algérie, nous avons un passé commun. Dans un passé un peu lointain, nous avons partagé une histoire commune. Aujourd'hui aussi nous partageons les mêmes valeurs culturelles et spirituelles. Nous avons de très bonne relations avec l'Algérie depuis ces dernières années. On a réalisé plusieurs visites réciproques de haut niveau. Nous avons des relations excellentes du point de vue économique, commercial et culturel. Nous voulons améliorer et développer ces relations davantage dans le futur.
Il est question de signer un accord de libre-échange, ou en est ce projet ?
Effectivement, depuis des années nous désirons signer un accord de libre-échange avec l'Algérie. Nous avons déjà signés cet accord de libre-échange avec les pays du Maghreb, tels le Maroc, la Tunisie, l'Egypte. Donc nous voulons aujourd'hui conclure ce même accord avec l'Algérie. D'ailleurs, l'accomplissement de cet accord est prévu aussi par nos engagements avec l'Union européenne. Il faut noter, dans ce même contexte, que cet accord est prévu dans l'engagement de l'accord d'association de l'Algérie signé avec l'Union européenne. C'est en quelque sorte un engagement de la part de l'Algérie et de la Turquie. J'espère que cela se fera dans les délais les plus proches. Cela va beaucoup contribuer au développement des relations économiques et commerciales entre les deux pays.
A quelle hauteur se situent les échanges commerciaux entre les deux pays ?
Il y a une tendance l'amélioration des relations commerciales entres les deux pays. Nous avons un contrat d'une durée de 20 ans signé en 1995 avec l'Algérie, qui porte sur l'achat par la Turquie de gaz naturel liquéfié (GNL). A l'issue de ce contrat, la Turquie achète chaque année du gaz pour un montant avoisinant les 2 milliards de dollars. Ce montant constitue une grande partie du volume commercial entre les deux pays. Le volume actuel des échanges commerciaux est estimé à 3,5 milliards de dollars. Ce montant est du essentiellement à l'achat de GNL, et c'est au profit de l'Algérie. Mis à part cela, il y a très peu d'importation de la Turquie en provenance de l'Algérie. Celles qui existent se résument à certaines matières premières.
Quel est le volume des importations de l'Algérie en provenance de la Turquie ?
L'Algérie importe de la Turquie des bien manufacturés, des engins, des équipements industriels et de l'alimentation et toutes sortes de machines industrielles. Le volume des importations est estimé entre 800 et 900 millions de dollars. Ce qui reste en deçà des espérances. Cela est d^^u aux taxes douanières qui sont très élevées à cause de l'inexistence d'un accord de libre-échange. A titre d'exemple, les biens provenant de la Turquie sont soumis à une taxe douanière qui varie entre 15% et 30%. Alors que les biens qui sont importés de l'Union européenne sont soumis entre 0% et 5%. On constate de ce fait, une large différence. C'est un désavantage pour les exportations de la Turquie. En conséquence, nous voulons que les mêmes conditions soient appliquées. C'est d'ailleurs pour cela que nous attachons une grande importance à la signature d'un accord de libre-échange avec l'Algérie.
Vous évoquez souvent la signature de l'accord de libre-échange, est-ce que vous pensez que cela peut être conclu prochainement ?
Nous avons transmis notre demande aux autorités algériennes depuis bien longtemps, et nous attendons une réponse favorable de la partie algérienne afin d'entamer les conversations qui vont aboutir à cet accord.D'ailleurs, nous sommes prêts à faire venir en Algérie une délégation d'experts pour d'éventuelles conversations exploratoires. Nos experts peuvent exprimer au préalable l'intérêt de cet accord pour les deux pays, à savoir qu'est-ce qu'il peut apporter ?, quels sont ses avantages ?... Nous avons des experts qui attendent l'invitation du coté algérien pour entamer les discussions.
Dans quel domaine d'activité intervient la coopération algéro-turque ?
Nous avons signé des accords dans plusieurs domaines, et nous envisageons de signer d'autres dans pratiquement tous les domaines. En l'occurrence dans l'économie, la justice, les douanes et la culture… Nous avons un cadre légal mais il y a encore certains agréments qui manquent et nous espérons les signer dans un futur proche. Nous envisageons de signer dans l'avenir des accords dans le domaine culturel, et nous sommes en train de préparer un agrément sur la sécurité sociale, dans les ressources halieutiques et notamment dans le conseil constitutionnel des deux pays.
Qu'en est-il de la signature du traité d'amitié conclu en 2006 ?
En 2006, nous avons signé avec l'Algérie un traité d'amitié et de coopération. L'Algérie attache beaucoup d'importance à ce point. Il faut noter que l'Algérie a signé ce traitét seulement avec le Portugal, l'Espagne et l'Italie. Et la Turquie est le quatrième pays avec lequel l'Algérie a signé le traité d'amitié. Et depuis, nous planifions toutes nos activités.
Est-ce qu'il y a beaucoup d'entreprises turques qui sont installées en Algérie ?
Il y a à peu près 150 entreprises turques qui activent en Algérie, dont une cinquantaine travaillent dans le secteur du bâtiment. Ces entreprises contribuent au redressement économiques et infrastructurel de l'Algérie. Il y a aussi d'autres compagnies qui sont actives dans le domaine du commerce et des services. D'autres ont carrément investi en Algérie, mais le montant des investissement reste dérisoire, il est de l'ordre de 350 millions de dollars. Nous sommes à cheval sur cette question, et nous incitons toujours les entreprises turques à investir davantage en Algérie. Nous espérons qu'elles renforceront leur présence. La conclusion de l'accord de libre-échange va incontestablement promouvoir les relations commerciales entre l'Algérie et la Turquie.
Pensez-vous que le climat de l'investissement en Algérie est propice ?
Oui, les conditions d'investissement sont propices en Algérie. Le gouvernement algérien s'efforce de créer des conditions favorables pour les investissements étrangers. C'est un pays qui est en transition vers l'économie de marché. Il est clair que cela prend du temps, mais nous constatons des changements structurels au niveau des domaines économiques.
Est-ce qu'il y a des entreprises algériennes qui sont installées en Turquie ?
Les hommes d'affaires algériens installés en Turquie sont très peu. Peut être qu'il se dirigent vers d'autres pays. Là aussi, nous exprimons notre souhait de voir des investisseurs algériens monter leurs affaires en Turquie.
Est-ce que vous envisagez d'appliquer des mesures de facilitations pour l'attribution de visas, puisque l'engouement des Algériens est grandissant pour la Turquie ?
Nous constatons une augmentation constante des Algériens qui se rendent en Turquie. En 2008, les services consulaire ont attribué pas moins de 40 000 visas. C'est une destination qui est très attractive pour les Algériens. Nous sommes très satisfaits de constater ce rush. Nos deux peuples ont beaucoup de choses en commun, il y a beaucoup de similitudes entres nos deux cultures. Le Visa entre les deux pays continuera à être en vigueur, et c'est un souhait émis par les deux parties quant à la continuité de l'exigence du visa.
Mais il faut noter que notre Ambassade accorde facilement des Visas et sans aucune difficultés. D'ailleurs, on n'enregistre pas de refus.
Est-ce qu'il y a une forte communauté algérienne qui est installée en Turquie ?
Non, je ne crois pas qu'il y a une forte présence des Algériens en Turquie. Il y a certains ressortissants algériens, mais ce n'est pas très significatif. Et du coté turc, est-ce qu'ils sont nombreux les turcs qui vivent en Algérie ? D'après nos estimations, nous avons environ 5 000 turcs qui vivent en Algérie, mais la plupart d'entre eux sont des gens qui travaillent ici dans des projets de construction et autres. Donc ce sont beaucoup plus des hommes d'affaires, des ingénieurs, des travailleurs.
Est-ce qu'il est prévu des visites officielles entre les deux pays en 2009?
Oui, effectivement, entre le 10 et le 13 janvier prochain, le président de la grande Assemblée nationale de Turquie viendra en Algérie pour une visite officielle à l'invitation de son homologue le président de l'Assemblée populaire nationale, M. Abdelaziz Ziari. Au cours de l'année 2009, nous attendons plusieurs visites officielles mutuelles.
Dans le cadre de l'Union pour la Méditerranée (UPM), des projets ont été retenus pour le pourtour de la Méditerranée, pouvez-vous nous dire quel est le degré d'engagement de la Turquie dans cette démarche ?
Nous faisons partie de l'UPM (Union pour la Méditerranée) parce que la Turquie est un pays méditerranéen, nous avons eu aussi le poste du sixième secrétariat général adjoint, donc nous pensons que c'est un forum où les pays européens et méditerranéens pourront renforcer la coopération. Rappelons qu'il y a 43 pays qui participent à cette union. Ils faut donc se pencher sur des projets qui peuvent se réaliser dans différents domaines au niveau de la région méditerranéenne. Par exemple, les questions de l'environnement et de la pollution, le dessalement de l'eau de mer. Il y a donc plusieurs domaines de coopération dans cette région.
Source : Le Maghreb (http://www.lemaghrebdz.com/lire.php?id=15346)
06:31 Publié dans Union pour la Méditerranée | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : turquie, maghreb, union pour la méditerranée, algérie

