07.01.2009

L'Egypte et la France proposent un plan pour stopper le conflit à Gaza

Nouvel Obs, le 7 janvier 2009

Les présidents égyptien et français ont proposé mardi un plan pour arrêter l'escalade de la violence entre Israël et le Hamas dans la Bande de Gaza, une initiative saluée aussitôt par le président de l'autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, venu aux Nations unies réclamer un cessez-le-feu immédiat.

Le président égyptien Hosni Moubarak a expliqué que l'initiative prévoit un cessez-le-feu immédiat pendant une période limitée pour permettre l'entrée à Gaza d'aide humanitaire ainsi qu'une réunion d'urgence entre Israël et les Palestiniens pour éviter toute nouvelle action militaire et traiter leurs causes.

"Nous invitons tous les pays à coopérer avec l'Egypte pour permettre aux Palestiniens d'avoir un Etat, et nous demandons à la communauté internationale de prendre ses responsabilités pour éviter les effusions de sang" a déclaré le président égyptienonu.

Le ministre des affaires étrangères français Bernard Kouchner, qui présidait une réunion du Conseil de sécurité à New York, n'a pas voulu donner les détails du plan de cessez-le-feu, dans l'attente d'une réponse israélienne. Mais il a rappelé que "l'arrêt des violences est la priorité immédiate".

Les autorités israéliennes ont refusé de commenter cette initiative qui vient à la suite du ballet diplomatique des Etats-Unis et d'autres pays soucieux de résoudre le conflit.

Le président-élu Barack Obama a rompu le silence sur la crise mardi, disant que "la perte de vies civiles à Gaza est un grand souci pour lui". Il a refusé d'en dire plus aussi longtemps que George W. Bush sera le président des Etats-Unis.

Source : (http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/international/proche_moyenorient/20090107.FAP6934/legypte_et_la_france_proposent_un_plan_pour_stopper_le_.html)

06.01.2009

Gaza - Les cartes du jeu diplomatique français

France soir, 6 janvier 2009


Trente-six heures chrono. C’est le temps que Nicolas Sarkozy aura pris pour rencontrer les principaux acteurs du Proche-Orient, à l’exception du Hamas, et tenter d’obtenir une trêve humanitaire à Gaza. Une tournée entamée hier à Charm el-Cheikh, sur la mer Rouge, où il a déjeuné avec le président Hosni Moubarak. Le chef de l’Etat français a déclaré travailler avec son « ami égyptien », avec qui il copréside l’Union pour la Méditerranée, à « une initiative commune ». Un plan qui prévoit un cessez-le-feu, « un retour à la trêve entre Palestiniens et Israéliens », l’ouverture de points de passage et un mécanisme pour surveiller un nouvel accord.

« Les violences doivent cesser »

« Le temps travaille contre la paix », a martelé Nicolas Sarkozy, qui s’est ensuite rendu dans le territoire palestinien de Cisjordanie. « Nous avons condamné sans ambiguïté l’offensive terrestre israélienne. Les violences doivent cesser et l’acheminement de l’aide humanitaire doit être facilité », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse conjointe avec le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.

Tout en dénonçant l’attitude « irresponsable et impardonnable » du Hamas, le président français a assuré qu’il entendait, lors du dîner prévu le soir avec les dirigeants israéliens, redire « avec toute la franchise que l’on doit à un ami » que « le monde ne comprendrait pas qu’Israël laisse la situation humanitaire devenir encore plus dramatique qu’elle ne l’est aujourd’hui ».

Le chef de l’Etat doit poursuivre aujourd’hui sa tournée en Syrie, sur laquelle il compte afin de faire pression sur le chef politique du Hamas, Khaled Mechaal, qui vit en exil à Damas. Il doit achever sa tournée cet après-midi par le Liban. Mais en quelle qualité ?
Sans mandat particulier

L’Union européenne désormais présidée par les Tchèques, l’Union pour la Méditerranée aux contours encore flous, l’absence d’accord au sein du Conseil de sécurité des Nations unies et le Quartet des médiateurs proche-orientaux (Etats-Unis, Union européenne, Russie et Nations unies) qui se choisit Tony Blair pour émissaire, Nicolas Sarkozy n’en a cure. S’il ne dispose d’aucun mandat particulier, il a justifié hier, dans une entretien à trois quotidiens libanais, son voyage au Proche-Orient par la « responsabilité particulière » de la France, qui « a su construire un lien de confiance et d’amitié avec l’ensemble des parties ». « Est-ce que nous parviendrons à faire taire les armes ? Je n’en sais rien », a-t-il déclaré, mais « franchement, qui pourrait me reprocher de tout tenter pour mettre enfin un terme à tant de souffrances ? »

De mandat, Nicolas Sarkozy n’en avait pas non plus pour envoyer son ex-épouse Cécilia chercher les otages bulgares en Libye. Son succès en Géorgie, cette fois à la tête de l’UE, a conforté son goût des situations de crise. « Messie salvateur », « Roi mage opportun », « leader autodésigné », la presse étrangère pointait hier avec ironie ce goût des missions impossibles, tout en guettant ses initiatives. Les Etats-Unis attendant l’arrivée de Barack Obama, la présidence tchèque étant divisée, l’Allemagne et le Royaume-Uni moins impliqués, Nicolas Sarkozy peut bien profiter de cette fenêtre de tir pour exister sur la scène internationale. Son côté atlantiste et « ami d’Israël », contrebalancé par ses bons rapports avec les présidents syrien et égyptien, ainsi qu’avec les médiateurs turcs ou du Qatar, pourrait peser efficacement, dans un premier temps, sur le front humanitaire.


De Charles de Gaulle à Nicolas Sarkozy

« Les juifs (…) peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur… » Cette formule du général de Gaulle condamnant l’agression puis l’occupation israélienne des territoires, en 1967, a marqué une rupture avec la politique traditionnelle de la France à l’égard d’Israël et l’a classée pour longtemps dans le camp des pro-Arabes. Une politique fondée sur la condamnation de la guerre que poursuivront Georges Pompidou puis Valéry Giscard d’Estaing. En 1975, ce dernier ouvre une nouvelle page en autorisant l’ouverture à Paris d’un bureau de l’OLP de Yasser Arafat.

Avec l’arrivée de la gauche au pouvoir, en 1981, la politique française au Proche-Orient change plus dans le ton que sur le fond. Si François Mitterrand est le premier chef d’Etat français à se rendre en visite officielle en Israël et à prononcer un discours devant la Knesset, il continue néanmoins de soutenir Arafat et le reçoit à l’Elysée en mai 1989. Jacques Chirac deviendra, lui, le « docteur Chirac » pour le chef de l’OLP, qui lui prête une propension à soigner les maux du Proche-Orient, qu’il connaît et apprécie. Pourtant, sur le dossier du conflit israélo-palestinien, il assure la continuité en affirmant le droit des Palestiniens à un Etat et celui des Israéliens à l’existence et à la sécurité, mais vers la fin de son mandat il a voulu infléchir l’image d’une France exclusivement pro-arabe. Nicolas Sarkozy, « l’ami intime d’Israël » selon les termes de Shimon Peres, a répété durant la campagne présidentielle vouloir une rupture avec le passé. Mais l’ami d’Israël se veut libre d’entretenir de bonnes relations avec les Etats voisins. Malgré les critiques, il reçoit le chef de l’Etat libyen Mouammar al-Kadhafi et le président syrien Bachar al-Assad, allié de l’Iran, avec lesquels il prône le dialogue.

Source : FranceSoir.fr (http://www.francesoir.fr/enquete/2009/01/06/gaza-les-cartes-du-jeu-diplomatique-francais.html)

05.01.2009

La mission compliquée de Sarkozy au Proche-Orient

Le Point, 5 janvier 2009

Alors que plusieurs missions diplomatiques se sont mises en route vers une région à nouveau extrêmement tendue , Nicolas Sarkozy a commencé lundi en Égypte, Cisjordanie et Israël, une tournée de deux jours au Proche-Orient pour chercher les "chemins de la paix". La mission est d'ores et déjà compliquée par l'assaut terrestre lancé samedi par Israël à Gaza , neuf jours après le lancement de l'opération "Plomb durci". Le président de la République fera "tout ce qui est humainement possible de faire" pour favoriser la paix, affirme malgré tout son proche conseiller Henri Guaino.

Arrivé en début d'après-midi à Charm al-Cheikh, sur la mer Rouge, Nicolas Sarkozy a déjeuné avec le président Hosni Moubarak, son partenaire dans l'Union pour la Méditerranée et allié du camp occidental. L'entretien entre les deux dirigeants s'est concentré sur "les efforts de l'Égypte pour parvenir à un cessez-le-feu immédiat à Gaza (...) et un retour à la trêve entre Palestiniens et Israéliens", rapporte l'agence officielle Mena. Le président Moubarak a également reçu dans la matinée la troïka européenne, composée des ministres tchèque, français et suédois des Affaires étrangères, et une délégation des islamistes du Hamas devait se rendre lundi soir au Caire. L'Égypte, qui s'estime être un médiateur incontournable en dépit des critiques virulentes des radicaux de la région, Syrie et Iran inclus, a mis au point un plan de sortie de crise en quatre points. Elle prévoit un cessez-le-feu immédiat, un retour à la trêve, l'ouverture des points de passage et un mécanisme international de garanties pour s'assurer de l'application du nouvel accord.

Comme il l'avait fait en août lors du conflit russo-géorgien, Nicolas Sarkozy doit rencontrer en 36 heures les principaux acteurs de la région, à l'exception du Hamas, avec l'ambition d'obtenir une trêve humanitaire. Il doit rencontrer en fin d'après-midi le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à Ramallah (Cisjordanie), puis le Premier ministre israélien Ehoud Olmert à Jérusalem. À Ramallah, Nicolas Sarkozy va être rejoint par une délégation européenne pilotée par le ministre des Affaires étrangères tchèque Karel Schwarzenberg. Mardi matin, il se rendra en Syrie, puis au Liban, terme de sa tournée. À deux semaines de l'entrée en fonction du nouveau président américain Barack Obama, Nicolas Sarkozy estime que la France et l'Europe peuvent jouer un rôle dans une région traditionnellement dominée par la diplomatie américaine.

"Responsabilité lourde du Hamas"

Dans un entretien à trois quotidiens libanais, le président français reconnaît que sa tâche sera rude alors que plus de 520 Palestiniens ont été tués depuis le début de l'offensive et que les roquettes tirées de Gaza continuent de s'abattre sur le sud d'Israël. "Ce n'est pas parce que c'est compliqué que cela a moins de sens" de venir au Proche-Orient, estime-t-il, "au contraire, le lancement de l'offensive terrestre israélienne rend la nécessité de parvenir à un cessez-le-feu plus urgente encore".

Comme les autres capitales occidentales, à l'exception de Washington, Paris a condamné l'opération terrestre israélienne, qualifiée d'"escalade militaire dangereuse". Le président français a condamné "avec la même fermeté" la poursuite des tirs sur Israël, estimant que le Hamas portait "une responsabilité lourde dans la souffrance des Palestiniens de Gaza". Pour forcer une trêve, Nicolas Sarkozy compte abattre la carte syrienne, en rencontrant Bachar al-Assad. Principal artisan du retour de la Syrie sur la scène internationale, il compte désormais sur l'aide de son homologue pour faire pression sur le chef politique du Hamas Khaled Mechaal, qui vit en exil à Damas.

Le président français espère aussi tirer profit de sa qualité d'"ami d'Israël" pour essayer de convaincre les dirigeants de l'État hébreu d'accepter le principe d'une trêve. Mais la ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni, a rejeté lundi un nouvel appel de la troïka européenne à un cessez-le-feu immédiat, soulignant qu'Israël était déterminé à "changer la donne dans la région".


Source : lepoint.fr (http://www.lepoint.fr/actualites-monde/la-delicate-mission-de-sarkozy-au-proche-orient/924/0/304213)

La mission compliquée de Sarkozy au Proche-Orient

Le Point, 5 janvier 2009

Alors que plusieurs missions diplomatiques se sont mises en route vers une région à nouveau extrêmement tendue , Nicolas Sarkozy a commencé lundi en Égypte, Cisjordanie et Israël, une tournée de deux jours au Proche-Orient pour chercher les "chemins de la paix". La mission est d'ores et déjà compliquée par l'assaut terrestre lancé samedi par Israël à Gaza , neuf jours après le lancement de l'opération "Plomb durci". Le président de la République fera "tout ce qui est humainement possible de faire" pour favoriser la paix, affirme malgré tout son proche conseiller Henri Guaino.

Arrivé en début d'après-midi à Charm al-Cheikh, sur la mer Rouge, Nicolas Sarkozy a déjeuné avec le président Hosni Moubarak, son partenaire dans l'Union pour la Méditerranée et allié du camp occidental. L'entretien entre les deux dirigeants s'est concentré sur "les efforts de l'Égypte pour parvenir à un cessez-le-feu immédiat à Gaza (...) et un retour à la trêve entre Palestiniens et Israéliens", rapporte l'agence officielle Mena. Le président Moubarak a également reçu dans la matinée la troïka européenne, composée des ministres tchèque, français et suédois des Affaires étrangères, et une délégation des islamistes du Hamas devait se rendre lundi soir au Caire. L'Égypte, qui s'estime être un médiateur incontournable en dépit des critiques virulentes des radicaux de la région, Syrie et Iran inclus, a mis au point un plan de sortie de crise en quatre points. Elle prévoit un cessez-le-feu immédiat, un retour à la trêve, l'ouverture des points de passage et un mécanisme international de garanties pour s'assurer de l'application du nouvel accord.

Comme il l'avait fait en août lors du conflit russo-géorgien, Nicolas Sarkozy doit rencontrer en 36 heures les principaux acteurs de la région, à l'exception du Hamas, avec l'ambition d'obtenir une trêve humanitaire. Il doit rencontrer en fin d'après-midi le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à Ramallah (Cisjordanie), puis le Premier ministre israélien Ehoud Olmert à Jérusalem. À Ramallah, Nicolas Sarkozy va être rejoint par une délégation européenne pilotée par le ministre des Affaires étrangères tchèque Karel Schwarzenberg. Mardi matin, il se rendra en Syrie, puis au Liban, terme de sa tournée. À deux semaines de l'entrée en fonction du nouveau président américain Barack Obama, Nicolas Sarkozy estime que la France et l'Europe peuvent jouer un rôle dans une région traditionnellement dominée par la diplomatie américaine.

"Responsabilité lourde du Hamas"

Dans un entretien à trois quotidiens libanais, le président français reconnaît que sa tâche sera rude alors que plus de 520 Palestiniens ont été tués depuis le début de l'offensive et que les roquettes tirées de Gaza continuent de s'abattre sur le sud d'Israël. "Ce n'est pas parce que c'est compliqué que cela a moins de sens" de venir au Proche-Orient, estime-t-il, "au contraire, le lancement de l'offensive terrestre israélienne rend la nécessité de parvenir à un cessez-le-feu plus urgente encore".

Comme les autres capitales occidentales, à l'exception de Washington, Paris a condamné l'opération terrestre israélienne, qualifiée d'"escalade militaire dangereuse". Le président français a condamné "avec la même fermeté" la poursuite des tirs sur Israël, estimant que le Hamas portait "une responsabilité lourde dans la souffrance des Palestiniens de Gaza". Pour forcer une trêve, Nicolas Sarkozy compte abattre la carte syrienne, en rencontrant Bachar al-Assad. Principal artisan du retour de la Syrie sur la scène internationale, il compte désormais sur l'aide de son homologue pour faire pression sur le chef politique du Hamas Khaled Mechaal, qui vit en exil à Damas.

Le président français espère aussi tirer profit de sa qualité d'"ami d'Israël" pour essayer de convaincre les dirigeants de l'État hébreu d'accepter le principe d'une trêve. Mais la ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni, a rejeté lundi un nouvel appel de la troïka européenne à un cessez-le-feu immédiat, soulignant qu'Israël était déterminé à "changer la donne dans la région".


Source : lepoint.fr (http://www.lepoint.fr/actualites-monde/la-delicate-mission-de-sarkozy-au-proche-orient/924/0/304213)