29.01.2009

UPM: La France et l’Allemagne rassurent

L'économiste, quotidien marocain, 24 janvier 2009

· Les deux pays sont d’accord sur le projet

· Ceux du pourtour méditerranéen ont intérêt à ce qu’il avance

LE secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes Bruno Le Maire s’est félicité jeudi 22 janvier des inflexions apportées par l’Allemagne au projet français d’Union pour la Méditerranée (UPM), objet à l’origine de vives tensions entre Paris et Berlin. «Même si l’exemple n’est pas forcément très politiquement correct du côté français, je dois dire que je me réjouis de la manière dont l’Allemagne a infléchi le projet français initial», a-t-il déclaré lors d’une allocution pour la 6e journée franco-allemande à Paris. Aujourd’hui, « l’UPM est solide parce qu’elle associe toute l’Europe, parce que la France et l’Allemagne sont d’accord sur le projet, et parce que les pays du pourtour méditerranéen ont intérêt à ce que ce projet avance», a-t-il souligné. Le Maire a souligné que Berlin avait obtenu que le projet, lancé officiellement en juillet 2008 à Paris, soit ouvert à tous les pays européens, alors que la France entendait au départ privilégier les Etats membres riverains de la Méditerranée. «Le projet français initial était une excellente intuition du président de la République» Nicolas Sarkozy, «mais c’était en même temps une vision qui, en excluant une partie des pays européens, remettait en cause l’unité de l’Europe comme ensemble politique», a-t-il déclaré.
«L’Allemagne n’a pas dit, je veux peser dans le processus, je veux ma place à la table. Ce que l’Allemagne a demandé, c’est que la préservation de l’unité européenne comme ensemble politique soit garantie dans cette union», a ajouté Le Maire, qui s’exprimait au côté de son homologue allemand, Günter Gloser.
Le projet initial d’Union pour la Méditerranée, très influencé par Henri Guaino, un conseiller de Nicolas Sarkozy proche des thèses souverainistes, entendait promouvoir un nouveau modèle de coopération européenne tenant en lisière l’Allemagne et les autres pays du nord de l’Union, de même que les institutions de l’UE. La chancelière Angela Merkel s’était vivement opposée à cette vision initiale, parvenant à rallier Sarkozy à une intégration de l’UPM dans un schéma européen plus classique.

Source : http://www.leconomiste.com/article.html?a=91028