29.01.2009

LA COOPÉRATION DE L’UNION EUROPÉENNE AU MAROC, JUMELAGE INSTRUMENT POUR LE RENFORCEMENT INSTITUTIONNEL

21 janvier 2009

Dans le cadre d’un programme ambitieux de dialogue, d'échange et de coopération afin de garantir la paix, la stabilité et la prospérité, l’Union Européenne a établi avec le Maroc, qui occupe une place stratégique dans le partenariat euro-méditerranéen, un cadre de coopération qui offre de nouvelles perspectives de renforcement des relations bilatérales.
La concrétisation de cette ambition sera mutuellement bénéfique en accompagnant, d’une part, la dynamique endogène que connaît le Royaume et en activant, d’autre part, le mouvement de partenariat Maroc-Union Européenne.
Cette logique est l’esquisse d’un partenariat entre l’Union Européenne et le Royaume du Maroc illustré par la conclusion du l’Accord d’Association UE - Maroc, entré en vigueur en mars 2000, qui englobe plusieurs volets avec une dimension à la fois "Politique et Sécuritaire", "Économique et Financière" et "Sociale, culturelle et humaine", incluant également la notion de respect des principes de démocratie et des droits de l'Homme.
L’Accord d’Association UE – Maroc a pour objectifs principaux de renforcer le dialogue politique ; fixer les conditions nécessaires à la libéralisation progressive des échanges de biens, services et capitaux ; développer des relations économiques et sociales équilibrées entre les parties ; appuyer les initiatives d'intégration Sud-sud ; et promouvoir la coopération dans les domaines économique, social, culturel et financier.
L’ambition de l’UE d'éviter la création de nouvelles lignes de division entre l'UE élargie et ses voisins de l'est et des côtes sud et est de la Méditerranée a conduit l’Union Européenne à lancer, en 2003, la Politique de Voisinage qui complète, précise et approfondit le partenariat euro méditerranéen. La Politique Européenne de Voisinage (PEV) va au-delà des relations existantes pour offrir une relation politique et une intégration économique plus poussées, renforçant la stabilité, la sécurité et le bien-être de tous.
Cette relation est fondée sur un engagement mutuel à promouvoir des valeurs communes, comme : le respect des règles de droit ; la bonne gouvernance ; le respect des droits de l’Homme ; la promotion de bonnes relations de voisinage ; l’économie de marché ; le développement durable.
Par ailleurs, dans le cadre du dialogue politique et des réformes, la PEV vise la consolidation des instances administratives dont la tâche est de renforcer la pratique de la Démocratie et à l’Etat de droit. Cela se traduit à court terme par un échange d’expériences et d’expertises pour un rapprochement du dispositif communautaire, un renforcement des capacités de l’Administration et un appui au processus engagé de décentralisation. Pour le moyen terme, l’instrument de voisinage entend assurer un développement régional et local intégré par le biais d’outils de distribution équilibrée des ressources des différentes régions et la lutte contre la pauvreté en milieu rural et urbain.
Cette logique sous tend les accords de jumelage, un mécanisme d’assistance technique européenne qui s’est avéré concluant pour les pays en transition qui sont aujourd'hui membres de l'UE, et qui a été élargi par la PEV aux partenaires euro-méditerranéens ayant un Accord d’Association avec l’Union Européenne. Les jumelages institutionnels à long terme avec les administrations des États Membres de l'UE, au niveau national, régional ou local soutient le rapprochement de la législation et des réglementations et le renforcement des institutions.
Pour ce faire, l’instrument de jumelage prévoit le détachement d’un conseiller résident de jumelage, ayant un statut de fonctionnaire de l’Etat-membre sélectionné et travaillant à temps plein pour toute la période du projet (entre 12 et 30 mois). Pièce maîtresse du dispositif, son rôle est de soulager l’administration bénéficiaire de tous les aspects administratifs et bureaucratiques de la coordination du projet pour lui permettre de se concentrer sur les activités prévues par le projet.
L’efficacité prouvée de l’instrument réside dans l’obligation pour les partenaires d’atteindre les résultats définis conjointement dans une convention de jumelage avec un plan de travail répertoriant l’ensemble des activités, un calendrier détaillé ainsi que la liste des experts à mobiliser. Ces résultats doivent contribuer spécifiquement et directement à l’aide d’indicateurs appropriés au développement de la capacité institutionnelle du pays bénéficiaire Ce dernier conservant l’exclusivité des résultats sera en charge de veiller au suivi et à la pérennité du projet.
Au Maroc, l’expérience fait référence à de nombreux projets de jumelage réussis dont 4 sont clôturés, 9 en cours et 20 en préparation. A cet effet, le jumelage est placé sous la tutelle du Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération avec la désignation d’une Unité de Gestion du Programme et l’arrivée d’un Conseiller Résident de Jumelage en charge de la coordination des activités et de la préparation des rapports trimestriels s’y afférant.
Au regard de ces mécanismes reflétant le dynamisme de la coopération euro-méditerranéen un nouveau cadre de coopération entre l’Union Européenne et les pays de la rive Sud de la Méditerranée a été établi par le « processus de Barcelone : une Union pour la Méditerranée » en juillet 2008. Il s’agit d’un partenariat multilatéral visant à accroître le potentiel d’intégration et de cohésion régionale sur une base plus équilibrée que par le passé.
Dans ce contexte, en Octobre 2008 l’Union Européenne exprime à nouveau le privilège accordé au Maroc voisin en accueillant favorablement, le 13 Octobre 2008, la feuille de route ambitieuse pour le développement des Relations Bilatérales UE – Maroc vers un « Statut Avancé ».Cet ensemble des mesures visant à renforcer le partenariat avec le Maroc implique un renforcement des relations entre le Royaume et l'Union dans le domaine politique et de sécurité, la préparation d’un accord de libre échange global et approfondi, l’intégration progressive du Maroc dans plusieurs politiques sectorielles de l’UE, et le développement des échanges entre les peuples.
Le Maroc est le premier pays du voisinage Sud et de l'Est de l'UE à bénéficier de ce statut privilégié, préférentiel et exceptionnel.


Source : http://www.oujdacity.net/debat-article-17418-fr.html