24.01.2009

Les Arabes paralysés par une "guerre froide"

Le Monde, 17 janvier 2009

La violente offensive israélienne contre la bande de Gaza a révélé la gravité de la "guerre froide" qui paralyse la Ligue arabe, coupée en deux blocs qui renforcent son impuissance.

Vendredi 16 janvier, à Doha, au Qatar, un groupe de pays arabes a adopté un document de soutien aux Palestiniens prônant notamment la suspension de "toutes les formes de normalisation" avec Israël. Une décision que le pays hôte, qui abrite depuis plus d'une décennie un bureau commercial israélien, a dit vouloir immédiatement appliquer, ainsi que la Mauritanie, l'un des rares membres de la Ligue à entretenir des relations diplomatiques avec l'Etat juif.

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Les pays arabes réunis au Qatar ont également prôné "la suspension de l'Initiative arabe", une initiative de paix adoptée en 2002 par la Ligue arabe puis par des pays membres de l'Organisation de la conférence islamique (OCI) qui propose une normalisation avec Israël en échange du retrait israélien des territoires occupés depuis 1967.

Le problème est que ni l'Arabie saoudite ni l'Egypte, les pays les plus influents de la Ligue arabe, n'étaient présents à Doha, jugé trop accommodant avec la Syrie et, par extension, avec l'Iran. Le chef du bureau politique du Hamas palestinien, Khaled Mechaal, basé en Syrie, est venu au Qatar, mais pas le chef de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, alors que la réunion appelait "les factions palestiniennes", principalement le Hamas et le Fatah du président palestinien, "à l'entente et à l'unité nationale".

RÔLE DU QATAR

Depuis le début de la guerre de Gaza, le Qatar, qui prétend jouer les médiateurs dans la région, s'est efforcé de précipiter une réunion extraordinaire de la Ligue arabe, voulant jouer de ses bonnes relations avec Israël comme avec le Hamas. Cette initiative a été bloquée par les "poids lourds" arabes égyptiens et saoudiens, déjà marginalisés en mai 2008 par le petit émirat lors de la signature, à Doha, d'un accord interlibanais qui avait mis fin à une profonde crise institutionnelle ouverte par la vacance à la présidence du pays du Cèdre.

La Ligue arabe se réunira bien, mais au Koweït, les 19 et 20 janvier, à l'occasion d'une concertation prévue de longue date sur des questions essentiellement économiques. Il est très peu probable que la Ligue arabe donne suite, à cette occasion, aux propositions avancées vendredi à Doha. Il est en revanche plus plausible que la Ligue affiche une fois de plus son impuissance, compte tenu de la volonté israélienne de mettre fin de manière unilatérale au pilonnage de Gaza.

Car le refus israélien de tout accord avec le Hamas, par l'entremise de l'Egypte, porte un coup sévère au rôle de médiateur joué traditionnellement par Le Caire, contourné également par Israël à propos de la gestion de la frontière entre Gaza et son territoire. L'Egypte, en effet, n'a pas été mentionnée lors de la signature, vendredi, par la ministre israélienne des affaires étrangères, Tzipi Livni, et la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, d'un mémorandum (dont le texte n'a pas été rendu public) concernant la "série de mesures que les Etats-Unis et Israël vont prendre pour assécher le flot d'armes et d'explosifs vers Gaza".

Parmi les dégâts politiques collatéraux de l'offensive israélienne sur Gaza, il faut enfin mentionner les relations entre l'Etat juif et la Turquie, qui aurait également souhaité jouer les médiateurs. La Turquie avait accueilli en 2008 des négociations indirectes entre Israël et la Syrie. Ces contacts ont été gelés jusqu'à nouvel ordre.

Source : lemonde.fr (http://www.lemonde.fr/la-guerre-de-gaza/article/2009/01/17/les-arabes-paralyses-par-une-guerre-froide_1143110_1137859.html)

14.01.2009

L'Union pour la Méditerranée victime collatérale de la guerre de Gaza

La Dépêche du Midi, 14 janvier 2009

Victime collatérale de la guerre de Gaza, l'Union pour la Méditerranée, projet-phare de la France, est gelée, les partenaires arabes refusant de rencontrer Israël.

"On peut parler d'un gel jusqu'à nouvel ordre", a affirmé mercredi à l'AFP un diplomate égyptien de haut rang, ajoutant que "les Arabes ne vont pas courir s'asseoir aux côtés des Israéliens dans un tel climat".

L'Egypte, qui assure la co-présidence de l'UPM avec la France, a pris l'iniative de demander le report de toutes les réunions prévues en janvier pour fixer des règles-clefs de gouvernance de l'Union euro-méditerranéenne.

En juillet dernier, le président français Nicolas Sarkozy avait lancé en grande pompe à Paris cette instance de 43 membres, dont les 27 pays de l'Union européenne, 11 partenaires arabes et Israël.

Une réunion politique des hauts fonctionnaires des pays membres et des comités techniques a été suspendue "temporairement" à la demande de l'Egypte, confirme-t-on de source européenne.

Ces rencontres devaient en particulier régler les questions de base, toujours en suspens, comme la composition et le mandat du secrétariat général chargé de gérer les projets concrets de l'UPM.

Le Caire a évoqué une "surcharge du calendrier diplomatique" liée aux efforts égyptiens pour tenter de mettre fin à la guerre qui a déjà fait près de 1.000 morts dans l'enclave palestinienne.

Mais cette "excuse officielle" servie aux Européens vise à dissimuler le "sentiment insupportable", dit-on au Caire, ressenti par les partenaires arabes à devoir discuter avec une délégation israélienne.

Interrogée à Strasbourg par l'AFP, la représentante de l'Autorité palestinienne auprès de l'UE, Leïla Chahid, a estimé que "même un cessez-le feu ne suffira pas" pour reprendre les réunions.

"Il est évident que nous n'allons pas, dans une situation où nos familles, nos enfants, nos femmes sont assassinés tous les jours par les bombardements, nous asseoir à table avec un gouvernement qui a pris cette décision".

C'est déjà au forceps que l'UPM avait surmonté à la fin de l'année une mini-crise autour de l'intégration de la Ligue arabe, une proposition que récusait, tactiquement, Israël.

Pour prix de son feu vert, Israël avait arraché en novembre, à Marseille, dans le sud-est de la France, un poste de secrétaire adjoint, en symétrie d'un poste similaire pour un représentant de l'Autorité palestinienne.

La décision avait été aussi prise lors de cette réunion ministérielle d'installer le siège de l'UPM à Barcelone, la grande ville catalane qui a donné son nom au processus de dialogue euro-méditerranéen lancé en 1995.

La France a espéré que sa nouvelle "union de projets" - comme la dépollution de la Méditerranée - permettrait notamment de dépasser les clivages politiques liés au conflit israélo-palestinien.

"On est retombé en plein dedans alors que l'UPM était déjà perçue par des pays arabes comme un moyen de leur arracher une normalisation avec Israël", a déclaré à l'AFP un diplomate du sud de l'Europe.

Pour ce diplomate, pour qui les pays arabes se satisfaisaient de la "politique de voisinage" et sont "très remontés" contre Israël, "la France va peiner à remettre sur les rails l'UPM".

Paris pourrait escompter un appui du Caire, même si l'initiative du président Sarkozy lancée il y a semaine pour finir la guerre de Gaza fait l'objet de commentaires mitigés dans les cercles du pouvoir.

Au terme d'une visite express au Proche-Orient, M. Sarkozy avait incité le président Moubarak a annoncer mardi dernier un plan de sortie de crise, à commencer par un cessez-le-feu encore introuvable.

"Ce que M. Sarkozy nous avait dit peut-être naïvement de ses contacts en Israël et en Syrie s'est avéré infondé" a estimé à l'AFP un diplomate égyptien de haut rang.

Source : ladepeche.fr (http://www.ladepeche.fr/article/2009/01/14/523937-L-Union-pour-la-Mediterranee-victime-collaterale-de-la-guerre-de-Gaza.html)

13.01.2009

Gaza : Assad appelle l'UE à faire pression

lefigaro.fr, 13 janvier 2009

Le président syrien Bachar al-Assad a demandé aujourd'hui aux pays européens d'"exercer des pressions" sur Israël pour qu'il cesse son offensive militaire dans la bande de Gaza, au cours d'un entretien avec le chef de la diplomatie espagnole Miguel Angel Moratinos, selon l'agence Sana.

"Il est nécessaire que les pays européens redoublent leurs efforts pour exercer des pressions sur Israël afin qu'il cesse son agression immédiatement, lève le blocus sur le peuple palestinien et ouvre tous les points de passage à Gaza", a dit M. Assad à son interlocuteur, selon Sana.

"Les pays européens doivent s'ouvrir à toutes les parties palestiniennes pour parvenir à des solutions efficaces", a poursuivi M. Assad, en référence au mouvement islamiste Hamas dont le bureau politique est basé à Damas et qui est considéré comme une organisation terroriste par l'Union européenne.

Lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue syrien Walid Mouallem, M. Moratinos a affirmé pour sa part que "la Syrie souhaitait jouer un rôle constructif pour mettre fin à la situation dramatique à Gaza".

"Nous voulons que tous les acteurs jouent un rôle pour mettre fin à cette tragédie. Il est nécessaire de parvenir à un cessez-le-feu le plus vite possible", a affirmé M. Moratinos, en indiquant qu'il se rendait dans l'après-midi en Israël et mercredi en Egypte.

"Nous oeuvrons sur les plans diplomatique et politique pour arrêter les (actions) israéliennes et pour faire cesser les tirs de roquettes (du Hamas) contre Israël", a ajouté le ministre espagnol.

"Israël doit arrêter son agression contre la bande de Gaza", a affirmé pour sa part M. Mouallem.

Source : lefigaro.fr avec AFP (http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/01/13/01011-20090113FILWWW00515-gaza-assad-appelle-l-ue-a-faire-pression.php)

10.01.2009

Forte mobilisation dans tout le Maghreb pour soutenir les Palestiniens et condamner Israël

Le Monde, 10 janvier 2009

SAISIES par un sentiment d'humiliation collective, les populations du Maghreb vivent intensément les événements de Gaza. Les yeux rivés presque 24 heures sur 24 sur la chaîne de télévision Al-Jazira qui consacre une large place à l'offensive israélienne, elles suivent minute par minute, depuis le 27 décembre 2008, les bombardements sur l'enclave palestinienne. Partout, les gens bravent les interdictions de manifester et sortent dans les rues pour exprimer leur colère et leur solidarité.

De Rabat à Tunis en passant par Alger et Nouakchott, le sentiment d'impuissance est immense et l'émotion l'emporte sur l'analyse politique, rapportent tous les observateurs. Le principal souci des pouvoirs en place est de récupérer le ressentiment populaire pour mieux le canaliser.

Vendredi 9 janvier, jour de prières et de rassemblements dans les mosquées, a constitué un pic dans la mobilisation. A Alger, ils sont sortis par milliers dans les rues, après la prière du vendredi, pour dénoncer "les massacres" d'Israël et appeler à la "démission" les régimes arabes. Des incidents violents se sont produits. La police est intervenue. Il y a eu de nombreux blessés, dont certains grièvement.

Les manifestants - des jeunes pour la plupart - ont scandé des slogans hostiles aux Etats-Unis et aux dirigeants arabes, en particulier au président égyptien Hosni Moubarak. "Emmenez-nous à Gaza, donnez-nous des armes" et "Allahou akbar", ont-ils crié. Ali Benhadj, l'ex-numéro deux du Front islamique de salut, a été interpellé par la police pour la septième fois en quinze jours et conduit au commissariat.

La colère des Algériens est cependant loin d'être l'apanage des islamistes. Le chanteur de raï Cheb Khaled, a déclaré il y a quelques jours qu'il était prêt "à prendre les armes pour aller combattre à Gaza". La presse algérienne juge "partiale" la couverture des médias occidentaux, et la déclaration (rectifiée) de la présidence tchèque sur le " caractère défensif" de l'opération israélienne a suscité des commentaires rageurs. Beaucoup y ont vu la preuve que l'Europe n'est qu'un "supplétif" des Etats-Unis.

Une coordination de soutien à la résistance palestinienne a adressé cette semaine une lettre au président Abdelaziz Bouteflika, réclamant le retrait de l'Algérie de l'Union pour la Méditerranée (UPM) créée en juillet 2008 et dans laquelle siège Israël. "La place d'Israël n'est pas à l'UPM. Elle est à Nuremberg aux côtés des nazis", a déclaré un membre de la coordination.

Au Maroc, la colère est la même. Là aussi, Al-Jazira permet de suivre en direct les événements. S'y ajoute Internet, en particulier les sites Daily Motion et YouTube, qui passent en boucle des vidéos dramatiques d'enfants palestiniens tués dans les combats.

Sit-in de protestation, soirées de soutien, collectes de dons, grèves de la faim dans les prisons en signe de solidarité... Les initiatives se multiplient. De nombreuses manifestations, spontanées ou organisées par des ONG, ont eu lieu ces derniers jours, notamment à Casablanca, Marrakech, Fès, et Oujda. Mais la plus importante s'est déroulée le 4 janvier à Rabat. 40 000 personnes ont défilé dans les rues, stigmatisant "le massacre collectif de Gaza" et appelant à la vengeance, aux cris de "djihad, victoire et martyr" et "non à la normalisation (avec Israël)". Le président Moubarak, accusé d'avoir "vendu Gaza en échange de dollars", a été particulièrement conspué.

Le palais royal n'est pas en reste pour manifester son soutien à la cause palestinienne. Vendredi, à l'initiative de Mohammed VI, (qui porte le titre de "Commandeur des croyants"), un premier groupe de blessés palestiniens est arrivé à Rabat pour être soigné. Les caméras de la télévision nationale les ont longuement filmés. Pendant ce temps, des avions bourrés de médicaments et de produits alimentaires, s'envolaient en direction de la ville égyptienne d'Al-Arich, proche de la frontière de Gaza.

En Tunisie, l'émotion et la mobilisation sont également très fortes. Le 1er janvier, une manifestation a été autorisée, mais elle été soigneusement encadrée par le pouvoir. L'opposition qui tentait, avec plusieurs ONG, d'organiser un défilé à part, pour "ne pas être récupérée par le pouvoir", a vite été rappelée à l'ordre. Des tonnes de médicaments, de nourriture et de médicaments sont collectées chaque jour et les Tunisiens prennent d'assaut les centres médicaux pour offrir leur sang, quitte à patienter pendant des heures. Mais c'est via Internet que la mobilisation est la plus grande.

"On assiste, ces derniers temps, à une explosion du site Facebook. Chacun crée son profil et y met une photo d'enfant palestinien massacré ou le drapeau palestinien", témoigne Taïeb Moalla, journaliste. Ce "militantisme électronique" se propage à une vitesse fulgurante, semble-t-il, non seulement en Tunisie mais dans l'ensemble du monde arabo-musulman.

Source : lemonde.fr (http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2009/01/10/forte-mobilisation-dans-tout-le-maghreb-pour-soutenir-les-palestiniens-et-condamner-israel_1140151_3218.html)

09.01.2009

Les négociations sur le plan franco-égyptien piétinent

L'Express - 9 janvier 2009

JERUSALEM - Les négociations entamées au Caire en vue d'un cessez-le-feu dans la bande de Gaza semblent piétiner en raison d'un différend entre l'Egypte et Israël sur la sécurisation de la frontière du territoire palestinien et la fin du trafic d'armes destinées au Hamas, apprend-on de sources diplomatiques.

Le Caire serait hostile au déploiement de forces étrangères du côté égyptien de cette frontière de 15 km, selon des diplomates israéliens et européens.

L'Egypte a fait savoir à l'Etat juif qu'elle accepterait tout au plus un renforcement de l'aide technique internationale pour aider ses propres troupes à lutter contre le trafic d'armes via les tunnels creusés sous la frontière.

Les autorités israéliennes ont fait de la fin de ce trafic l'une des conditions d'un cessez-le-feu.

"Les négociations ne mènent nulle part, pour le moment. Le sentiment que le plan franco-égyptien ne fonctionnera pas gagne du terrain", a déploré un diplomate européen impliqué dans les discussions.

Le plan a été présenté mardi soir par le président égyptien Hosni Moubarak, après un entretien avec son homologue français Nicolas Sarkozy, et bénéficie du soutien des Etats-Unis.

Il préconise un cessez-le-feu immédiat et l'ouverture de discussions sur la sécurisation de la frontière entre l'Egypte et la bande de Gaza, ainsi que la réouverture des points de passage frontaliers.

OBJECTIONS DU HAMAS

Les diplomates européens et israéliens décrivent cependant comme importantes les divergences qui séparent les négociateurs de l'Egypte et de l'Etat hébreu.

"Ils (les Egyptiens) nous ont dit qu'ils n'accepteraient pas une force de leur côté" de la frontière, connu en Israël sous le nom de "couloir de Philadelphie", a indiqué un haut responsable israélien.

"L'Egypte accepterait une aide technique beaucoup plus poussée", a-t-il dit, tout en ajoutant qu'Israël reste très sceptique quant à l'efficacité d'une telle mesure.

Aucun commentaire n'a pu être obtenu des Egyptiens.

Les diplomates soulignent qu'un déploiement d'une force internationale du côté palestinien de la frontière paraît fort peu probable en raison des objections du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza et n'a pas encore donné sa position formelle sur le plan égyptien.

Les responsables israéliens notent que leurs interlocuteurs égyptiens doutent que le Hamas acceptera le plan. Le mouvement islamiste a déjà rejeté la présence de forces internationales dans le territoire.

La Turquie est l'un des rares pays qui semblent disposés à envoyer des troupes à la frontière, note-t-on côté européen.

Le porte-parole de la diplomatie européenne, Javier Solana, a minimisé la nécessité d'envoyer un contingent de forces terrestres en estimant que la technologie était plus importante. L'UE préfèrerait envoyer "de l'argent et de la technologie" à l'Egypte, a déclaré un haut diplomate.

Parmi les moyens envisagés figurent des sonars pour repérer les tunnels de contrebande et d'autres engins de détection géologique.

D'après Reuters
Source : http://www.lexpress.fr/outils/imprimer.asp?id=730480

Gaza: le chef de la diplomatie allemande en Egypte et en Israël

Le Monde, 9 janvier 2009

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, rencontrera samedi en Egypte le président égyptien, Hosni Moubarak, et le président palestinien, Mahmoud Abbas, afin d'appuyer les efforts pour la fin des combats à Gaza, a-t-il annoncé vendredi.

Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a ensuite précisé que cette rencontre se tiendrait à Charm el-Cheikh.

Le chef de la diplomatie allemande, qui s'entretiendra également avec son homologue égyptien, se rendra ensuite en Israël pour des entretiens avec les autorités israéliennes prévus samedi soir et dimanche, a-t-il précisé.

"La situation à Gaza reste préoccupante", a souligné M. Steinmeier, qui devait s'envoler vendredi soir pour l'Egypte. "La situation humanitaire dans la bande gaza est toujours aussi préoccupante", a-t-il ajouté.

Il s'est également félicité de la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU qui a appelé jeudi soir à un cessez-le-feu immédiat dans la bande de Gaza.

"C'est un signe important de la détermination de la communauté internationale", a-t-il souligné. "Et ce texte montre le chemin pour parvenir à un cessez-le-feu", a-t-il précisé.

Les attaques israéliennes dans la bande de Gaza et les tirs de roquettes palestiniennes sur Israël ont continué vendredi en dépit de l'appel du Conseil de sécurité de l'ONU à un cessez-le-feu immédiat, après deux semaines d'offensive israélienne qui a tué plus de 780 Palestiniens.

L'Egypte, en coordination étroite avec la France, a invité Israël et les Palestiniens à venir immédiatement négocier sous son patronage la fin de la guerre.

Mahmoud Abbas a réitéré, jeudi à Madrid, son appui à cette initiative, rejetée par le Hamas.

d'après l'AFP
Source : http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-38087331@7-60,0.html

07.01.2009

L'UE prête à aider l'Egypte à sa frontière

Journal du Dimanche, le 7 janvier 2009

L'UE prête à aider l'Egypte à sa frontière

L'Union européenne est prête à aider l'Egypte à sa frontière avec Gaza où s'organise un trafic d'armes. Bruxelles agirait dans le cadre d'un cessez-le-feu à long terme entre Israël et le Hamas. L'Etat hébreu exige la garantie que cesseront à l'avenir les tirs de roquettes sur son territoire et il est actuellement envisagé la mise sur pied d'une force spéciale pour repérer et détruire les tunnels passant sous la frontière égypto-gazouie qui permettent au Hamas de s'approvisionner en armes.

Source : http://www.lejdd.fr/cmc/scanner/international/200902/l-ue-prete-a-aider-l-egypte-a-sa-frontiere_177335.html?popup

L'Egypte et la France proposent un plan pour stopper le conflit à Gaza

Nouvel Obs, le 7 janvier 2009

Les présidents égyptien et français ont proposé mardi un plan pour arrêter l'escalade de la violence entre Israël et le Hamas dans la Bande de Gaza, une initiative saluée aussitôt par le président de l'autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, venu aux Nations unies réclamer un cessez-le-feu immédiat.

Le président égyptien Hosni Moubarak a expliqué que l'initiative prévoit un cessez-le-feu immédiat pendant une période limitée pour permettre l'entrée à Gaza d'aide humanitaire ainsi qu'une réunion d'urgence entre Israël et les Palestiniens pour éviter toute nouvelle action militaire et traiter leurs causes.

"Nous invitons tous les pays à coopérer avec l'Egypte pour permettre aux Palestiniens d'avoir un Etat, et nous demandons à la communauté internationale de prendre ses responsabilités pour éviter les effusions de sang" a déclaré le président égyptienonu.

Le ministre des affaires étrangères français Bernard Kouchner, qui présidait une réunion du Conseil de sécurité à New York, n'a pas voulu donner les détails du plan de cessez-le-feu, dans l'attente d'une réponse israélienne. Mais il a rappelé que "l'arrêt des violences est la priorité immédiate".

Les autorités israéliennes ont refusé de commenter cette initiative qui vient à la suite du ballet diplomatique des Etats-Unis et d'autres pays soucieux de résoudre le conflit.

Le président-élu Barack Obama a rompu le silence sur la crise mardi, disant que "la perte de vies civiles à Gaza est un grand souci pour lui". Il a refusé d'en dire plus aussi longtemps que George W. Bush sera le président des Etats-Unis.

Source : (http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/international/proche_moyenorient/20090107.FAP6934/legypte_et_la_france_proposent_un_plan_pour_stopper_le_.html)

06.01.2009

Gaza - Les cartes du jeu diplomatique français

France soir, 6 janvier 2009


Trente-six heures chrono. C’est le temps que Nicolas Sarkozy aura pris pour rencontrer les principaux acteurs du Proche-Orient, à l’exception du Hamas, et tenter d’obtenir une trêve humanitaire à Gaza. Une tournée entamée hier à Charm el-Cheikh, sur la mer Rouge, où il a déjeuné avec le président Hosni Moubarak. Le chef de l’Etat français a déclaré travailler avec son « ami égyptien », avec qui il copréside l’Union pour la Méditerranée, à « une initiative commune ». Un plan qui prévoit un cessez-le-feu, « un retour à la trêve entre Palestiniens et Israéliens », l’ouverture de points de passage et un mécanisme pour surveiller un nouvel accord.

« Les violences doivent cesser »

« Le temps travaille contre la paix », a martelé Nicolas Sarkozy, qui s’est ensuite rendu dans le territoire palestinien de Cisjordanie. « Nous avons condamné sans ambiguïté l’offensive terrestre israélienne. Les violences doivent cesser et l’acheminement de l’aide humanitaire doit être facilité », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse conjointe avec le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.

Tout en dénonçant l’attitude « irresponsable et impardonnable » du Hamas, le président français a assuré qu’il entendait, lors du dîner prévu le soir avec les dirigeants israéliens, redire « avec toute la franchise que l’on doit à un ami » que « le monde ne comprendrait pas qu’Israël laisse la situation humanitaire devenir encore plus dramatique qu’elle ne l’est aujourd’hui ».

Le chef de l’Etat doit poursuivre aujourd’hui sa tournée en Syrie, sur laquelle il compte afin de faire pression sur le chef politique du Hamas, Khaled Mechaal, qui vit en exil à Damas. Il doit achever sa tournée cet après-midi par le Liban. Mais en quelle qualité ?
Sans mandat particulier

L’Union européenne désormais présidée par les Tchèques, l’Union pour la Méditerranée aux contours encore flous, l’absence d’accord au sein du Conseil de sécurité des Nations unies et le Quartet des médiateurs proche-orientaux (Etats-Unis, Union européenne, Russie et Nations unies) qui se choisit Tony Blair pour émissaire, Nicolas Sarkozy n’en a cure. S’il ne dispose d’aucun mandat particulier, il a justifié hier, dans une entretien à trois quotidiens libanais, son voyage au Proche-Orient par la « responsabilité particulière » de la France, qui « a su construire un lien de confiance et d’amitié avec l’ensemble des parties ». « Est-ce que nous parviendrons à faire taire les armes ? Je n’en sais rien », a-t-il déclaré, mais « franchement, qui pourrait me reprocher de tout tenter pour mettre enfin un terme à tant de souffrances ? »

De mandat, Nicolas Sarkozy n’en avait pas non plus pour envoyer son ex-épouse Cécilia chercher les otages bulgares en Libye. Son succès en Géorgie, cette fois à la tête de l’UE, a conforté son goût des situations de crise. « Messie salvateur », « Roi mage opportun », « leader autodésigné », la presse étrangère pointait hier avec ironie ce goût des missions impossibles, tout en guettant ses initiatives. Les Etats-Unis attendant l’arrivée de Barack Obama, la présidence tchèque étant divisée, l’Allemagne et le Royaume-Uni moins impliqués, Nicolas Sarkozy peut bien profiter de cette fenêtre de tir pour exister sur la scène internationale. Son côté atlantiste et « ami d’Israël », contrebalancé par ses bons rapports avec les présidents syrien et égyptien, ainsi qu’avec les médiateurs turcs ou du Qatar, pourrait peser efficacement, dans un premier temps, sur le front humanitaire.


De Charles de Gaulle à Nicolas Sarkozy

« Les juifs (…) peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur… » Cette formule du général de Gaulle condamnant l’agression puis l’occupation israélienne des territoires, en 1967, a marqué une rupture avec la politique traditionnelle de la France à l’égard d’Israël et l’a classée pour longtemps dans le camp des pro-Arabes. Une politique fondée sur la condamnation de la guerre que poursuivront Georges Pompidou puis Valéry Giscard d’Estaing. En 1975, ce dernier ouvre une nouvelle page en autorisant l’ouverture à Paris d’un bureau de l’OLP de Yasser Arafat.

Avec l’arrivée de la gauche au pouvoir, en 1981, la politique française au Proche-Orient change plus dans le ton que sur le fond. Si François Mitterrand est le premier chef d’Etat français à se rendre en visite officielle en Israël et à prononcer un discours devant la Knesset, il continue néanmoins de soutenir Arafat et le reçoit à l’Elysée en mai 1989. Jacques Chirac deviendra, lui, le « docteur Chirac » pour le chef de l’OLP, qui lui prête une propension à soigner les maux du Proche-Orient, qu’il connaît et apprécie. Pourtant, sur le dossier du conflit israélo-palestinien, il assure la continuité en affirmant le droit des Palestiniens à un Etat et celui des Israéliens à l’existence et à la sécurité, mais vers la fin de son mandat il a voulu infléchir l’image d’une France exclusivement pro-arabe. Nicolas Sarkozy, « l’ami intime d’Israël » selon les termes de Shimon Peres, a répété durant la campagne présidentielle vouloir une rupture avec le passé. Mais l’ami d’Israël se veut libre d’entretenir de bonnes relations avec les Etats voisins. Malgré les critiques, il reçoit le chef de l’Etat libyen Mouammar al-Kadhafi et le président syrien Bachar al-Assad, allié de l’Iran, avec lesquels il prône le dialogue.

Source : FranceSoir.fr (http://www.francesoir.fr/enquete/2009/01/06/gaza-les-cartes-du-jeu-diplomatique-francais.html)

05.01.2009

La mission compliquée de Sarkozy au Proche-Orient

Le Point, 5 janvier 2009

Alors que plusieurs missions diplomatiques se sont mises en route vers une région à nouveau extrêmement tendue , Nicolas Sarkozy a commencé lundi en Égypte, Cisjordanie et Israël, une tournée de deux jours au Proche-Orient pour chercher les "chemins de la paix". La mission est d'ores et déjà compliquée par l'assaut terrestre lancé samedi par Israël à Gaza , neuf jours après le lancement de l'opération "Plomb durci". Le président de la République fera "tout ce qui est humainement possible de faire" pour favoriser la paix, affirme malgré tout son proche conseiller Henri Guaino.

Arrivé en début d'après-midi à Charm al-Cheikh, sur la mer Rouge, Nicolas Sarkozy a déjeuné avec le président Hosni Moubarak, son partenaire dans l'Union pour la Méditerranée et allié du camp occidental. L'entretien entre les deux dirigeants s'est concentré sur "les efforts de l'Égypte pour parvenir à un cessez-le-feu immédiat à Gaza (...) et un retour à la trêve entre Palestiniens et Israéliens", rapporte l'agence officielle Mena. Le président Moubarak a également reçu dans la matinée la troïka européenne, composée des ministres tchèque, français et suédois des Affaires étrangères, et une délégation des islamistes du Hamas devait se rendre lundi soir au Caire. L'Égypte, qui s'estime être un médiateur incontournable en dépit des critiques virulentes des radicaux de la région, Syrie et Iran inclus, a mis au point un plan de sortie de crise en quatre points. Elle prévoit un cessez-le-feu immédiat, un retour à la trêve, l'ouverture des points de passage et un mécanisme international de garanties pour s'assurer de l'application du nouvel accord.

Comme il l'avait fait en août lors du conflit russo-géorgien, Nicolas Sarkozy doit rencontrer en 36 heures les principaux acteurs de la région, à l'exception du Hamas, avec l'ambition d'obtenir une trêve humanitaire. Il doit rencontrer en fin d'après-midi le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à Ramallah (Cisjordanie), puis le Premier ministre israélien Ehoud Olmert à Jérusalem. À Ramallah, Nicolas Sarkozy va être rejoint par une délégation européenne pilotée par le ministre des Affaires étrangères tchèque Karel Schwarzenberg. Mardi matin, il se rendra en Syrie, puis au Liban, terme de sa tournée. À deux semaines de l'entrée en fonction du nouveau président américain Barack Obama, Nicolas Sarkozy estime que la France et l'Europe peuvent jouer un rôle dans une région traditionnellement dominée par la diplomatie américaine.

"Responsabilité lourde du Hamas"

Dans un entretien à trois quotidiens libanais, le président français reconnaît que sa tâche sera rude alors que plus de 520 Palestiniens ont été tués depuis le début de l'offensive et que les roquettes tirées de Gaza continuent de s'abattre sur le sud d'Israël. "Ce n'est pas parce que c'est compliqué que cela a moins de sens" de venir au Proche-Orient, estime-t-il, "au contraire, le lancement de l'offensive terrestre israélienne rend la nécessité de parvenir à un cessez-le-feu plus urgente encore".

Comme les autres capitales occidentales, à l'exception de Washington, Paris a condamné l'opération terrestre israélienne, qualifiée d'"escalade militaire dangereuse". Le président français a condamné "avec la même fermeté" la poursuite des tirs sur Israël, estimant que le Hamas portait "une responsabilité lourde dans la souffrance des Palestiniens de Gaza". Pour forcer une trêve, Nicolas Sarkozy compte abattre la carte syrienne, en rencontrant Bachar al-Assad. Principal artisan du retour de la Syrie sur la scène internationale, il compte désormais sur l'aide de son homologue pour faire pression sur le chef politique du Hamas Khaled Mechaal, qui vit en exil à Damas.

Le président français espère aussi tirer profit de sa qualité d'"ami d'Israël" pour essayer de convaincre les dirigeants de l'État hébreu d'accepter le principe d'une trêve. Mais la ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni, a rejeté lundi un nouvel appel de la troïka européenne à un cessez-le-feu immédiat, soulignant qu'Israël était déterminé à "changer la donne dans la région".


Source : lepoint.fr (http://www.lepoint.fr/actualites-monde/la-delicate-mission-de-sarkozy-au-proche-orient/924/0/304213)

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