29.01.2009

Proche-Orient: l'UE tente de contribuer à la relance des efforts de paix

AFP, 26 janvier 2009

BRUXELLES (AFP) — L'Union européenne, principal bailleur de fonds des Palestiniens, reçoit dimanche les chefs de la diplomatie de l'Autorité palestinienne, d'Egypte, de Jordanie et de Turquie pour évaluer les besoins de reconstruction à Gaza et tenter de relancer les efforts de paix.

Ces quatre ministres seront accueillis à Bruxelles vers 18H00 (17H00 GMT) par les chefs de la diplomatie de l'UE. La Norvège, qui préside le comité ad hoc (AHLC) des bailleurs de fonds pour les Palestiniens, participera également à la réunion.

Cette rencontre fait suite à une entrevue mercredi à Bruxelles avec la ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni.

La priorité européenne pour l'heure reste de consolider le fragile cessez-le-feu dans la bande de Gaza, et d'évaluer les besoins de reconstruction après trois semaines d'une offensive israélienne qui a fait 1.330 morts palestiniens et causé d'énormes destructions dans ce territoire pauvre et surpeuplé contrôlé par les islamistes du Hamas.

L'ONU vient d'évaluer à des "centaines de millions de dollars" les besoins les plus urgents.

Le Caire prévoit une conférence des donateurs à la mi-février en Egypte pour reconstruire le territoire. La présidence tchèque de l'UE s'est aussi dite prête à en organiser une, les 27 restant la principale source de financement des populations palestiniennes, avec quelque 500 millions d'euros par an.

Mais les Européens entendent ne plus être cantonnés à leur rôle traditionnel de simple bailleurs de fonds.

Après avoir réussi à imposer leur présence diplomatique lors des négociations sur le cessez-le-feu - en profitant de la période de passage de témoin à la Maison Blanche aux Etats-Unis- ils espèrent transformer l'essai sur le processus de paix et les efforts de réconciliation inter-palestinienne.

Lors de la réunion de dimanche soir, "nous voulons parler aux quatre (représentants) de la manière dont on peut faire en sorte que toute la région soutienne un processus de paix substantiel. Nous avons besoin d'un large soutien du monde arabe", indique un diplomate européen.

"Certains de ces pays ont un rôle de pont avec d'autres pays du monde arabe ou musulman, tels que la Syrie ou l'Iran", ajoute-t-il, alors que Téhéran est accusé de soutenir le Hamas à Gaza en lui fournissant ses armes.

Ce rôle d'intermédiaire est principalement dévolu à la Turquie, pays candidat à l'adhésion à l'UE, sur lequel compte beaucoup les Européens, qui, eux, n'entendent pas revenir en l'état sur leur refus de parler au Hamas.

Ces entretiens seront suivis dès lundi par une réunion entre les ministres des Affaires étrangères de l'UE.

Les 27 continuent à demander à Israël l'ouverture totale des frontières à Gaza, jugée indispensable à une trêve durable.

Pour convaincre l'Etat hébreu, l'UE propose notamment de réactiver sa mission d'observation au point de passage de Rafah entre la bande de Gaza et l'Egypte (le seul à ne pas déboucher en Israël), afin d'empêcher le trafic d'armes. Et de déployer ailleurs des observateurs.

La France vient déjà d'envoyer une de ses frégates dans les eaux internationales au large de la bande de Gaza pour participer à la lutte contre la contrebande d'armes.

La Grande-Bretagne et l'Allemagne ont également dit vouloir apporter leur aide dans ce domaine.

Source : http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5iHVqNu_aEo9zox68vjNjy_r7r85Q

01.01.2009

Paris et Ankara relaient une Ligue arabe très divisée

Figaro du 1er janvier 2009

Après s'être rendu en Syrie et en Jordanie, le premier ministre turc devait s'entretenir jeudi en Égypte avec le président Moubarak.

La communauté internationale continuait jeudi de rechercher, en ordre dispersé, les conditions d'un cessez-le-feu à Gaza. Une réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations unies a pris fin mercredi soir sans qu'un vote soit organisé sur le projet de résolution de la Ligue arabe. Le document appelait à un «cessez-le-feu immédiat» et demandait la protection des civils palestiniens, l'ouverture des points de passage de la bande de Gaza et dénonçait le «recours excessif, disproportionné et indiscriminé à la force par Israël». La seule allusion aux tirs de roquette des militants palestiniens mentionnait la «détérioration de la situation dans le sud d'Israël». Un texte inacceptable en l'état par les États-Unis et la plupart des pays européens.

La Ligue arabe, consciente de devoir négocier, enverra une délégation ministérielle à New York au début de la semaine prochaine. Mais les Nations unies sont loin de représenter le seul forum de discussion. Outre la tournée de Nicolas Sarkozy dans la région, le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan met tout son poids dans la balance pour obtenir un cessez-le-feu, en concertation avec les pays arabes. Il devait s'entretenir jeudi en Égypte avec le président Hosni Moubarak, après s'être rendu la veille en Syrie et en Jordanie. «Il faut s'y faire, reconnaît un diplomate arabe. Il y a maintenant des acteurs multiples dans le règlement du conflit, et la Turquie joue un rôle prépondérant. Ankara, c'est comme un central téléphonique. Tout le monde passe par lui, des Israéliens au Hamas.»

L'exemple du Sud-Liban

La Turquie profite en outre de la division des pays arabes, dont le projet de résolution présenté à l'ONU relevait du service minimum. En réalité, la Ligue est partagée entre la Syrie et le Qatar, qui souhaitent impliquer le Hamas dans les négociations, et la plupart des autres, qui se méfient profondément du mouvement islamiste, considéré comme un mauvais exemple pour leurs populations. Le PND, le parti au pouvoir en Égypte, taxe le Hamas d'«aventurisme» et le rend responsable de la crise. «La proposition saoudienne d'un gouvernement palestinien d'union nationale, note un diplomate, revient à diluer le mouvement islamiste dans une Autorité palestinienne dénuée de pouvoir, sans modification des statuts de l'Organisation de la Palestine (OLP), représentante historique des Palestiniens, à laquelle le Hamas ne participe pas.»

Le mouvement islamiste souhaite au contraire être reconnu comme acteur d'un cessez-le-feu éventuel, ce qu'Israël et les États-Unis refusent. Cela n'empêche pas nombre de diplomates de laisser flotter l'idée d'un accord similaire à l'«entendement» d'avril 1996 au Sud-Liban, parrainé par le Liban, Israël, la Syrie, la France et les États-Unis, qui reconnaissait de facto, à travers le Liban, le Hezbollah libanais comme interlocuteur, et traçait les limites du conflit en interdisant aux deux belligérants, Israël et le Hezbollah, de s'en prendre aux civils des deux côtés.


Source : le Figaro (http://www.lefigaro.fr/international/2009/01/02/01003-20090102ARTFIG00009-paris-et-ankara-relaient-une-ligue-arabe-tres-divisee-.php)

31.12.2008

Les Européens plaident pour un cessez-le-feu et l'ouverture de Gaza

Le Monde, 31 décembre 2008

La fin de l'administration de George Bush et les divisions au sein de la Ligue arabe, qui devait se réunir mercredi 31 décembre, ont créé un vide diplomatique au Proche-Orient que l'Union européenne s'est efforcée de combler, mardi. Au quatrième jour de l'offensive israélienne sur Gaza, décidée initialement pour faire cesser les tirs palestiniens sur Israël, les ministres européens des affaires étrangères se sont réunis à Paris autour de Bernard Kouchner, à la veille de la fin de la présidence française.

En dépit de leurs divergences sur l'opération en cours - jugée légitime par les uns, disproportionnée par les autres -, les Européens sont parvenus à une déclaration commune réitérant les appels au cessez-le-feu lancés depuis le début des bombardements israéliens. Auparavant, M. Kouchner avait proposé un "cessez-le-feu humanitaire" de 48 heures pour créer un climat favorable à une accalmie.

Les Européens ont également abordé la question du blocus de Gaza, en vigueur depuis la prise de contrôle de ce territoire par le Hamas, en juin 2007. Dans leur déclaration, ils ont ainsi lié "l'arrêt des combats" à la "réouverture pérenne et normale de tous les points de passage" entre Israël et Gaza, et entre l'Egypte et le territoire palestinien.

Déjà présents comme observateurs au terminal de Rafah vers l'Egypte, lorsqu'il fonctionnait, les Européens se sont déclarés disposés "à examiner la possibilité d'élargir leur assistance à d'autres points de passage", une proposition ambitieuse qui sera sans doute très difficile à faire accepter par Israël. Soucieux enfin de ménager le chef de l'Autorité palestinienne, les Européens ont enfin plaidé pour "la réconciliation interpalestinienne derrière le président Mahmoud Abbas", et exprimé leur soutien aux "efforts de médiation de l'Egypte et de la Ligue arabe en ce sens".

L'Egypte n'apparaît cependant plus comme un médiateur incontesté entre Israël et le Hamas. Accusé par ce dernier d'avoir donné son feu vert à l'opération israélienne, le président égyptien Hosni Moubarak a campé sur ses positions, mardi, à la télévision égyptienne. "Nous vous avions plusieurs fois prévenus que le refus de la trêve allait pousser Israël à attaquer Gaza", a-t-il affirmé à l'attention du Hamas, tout en condamnant les raids israéliens. M. Moubarak a aussi refusé l'ouverture unilatérale de Rafah et plus généralement de la frontière égyptienne exigée par le Hamas et le Hezbollah libanais.

LA TRÊVE EN QUESTION

Côté israélien, après une première réunion infructueuse, mardi, le cabinet de sécurité a semblé rejeter, mercredi, la proposition française de trêve de quarante-huit heures. Selon les médias israéliens, Ehoud Barak, ministre de la défense, ainsi que quelques autres ministres, serait favorable à une cessation des combats pendant deux jours. Des militaires et des responsables des services de sécurité pencheraient plutôt en faveur d'une poursuite de l'opération "Plomb durci".

Plusieurs membres de ce cabinet auraient exprimé le souci que l'acceptation d'une trêve ne soit pas exploitée par le Hamas pour revendiquer un succès diplomatique. Dans ce contexte, il a néanmoins été décidé de faire appel à 2 500 réservistes supplémentaires, ce qui porte pour l'instant à 6 700 le nombre de soldats rappelés sous les drapeaux.

Michel Bôle-Richard (à Jérusalem) et Gilles Paris
Près de 400 Palestiniens tués

"Nous n'avons pas encore fini le travail", a déclaré, mardi 30 décembre, Gabi Ashkenazi, chef d'état-major israélien. Trente-cinq objectifs ont encore été ciblés au cours de la nuit de mardi à mercredi. Les avions ont notamment bombardé des tunnels vers l'Egypte dans le sud de Gaza ainsi que divers bâtiments utilisés par le Hamas. Au cinquième jour de l'opération "Plomb durci", près de 400 Palestiniens ont déjà été tués - des membres du Mouvement de la résistance islamique (Hamas) en majorité, mais également des civils. Deux fillettes de 5 et 12 ans ont ainsi été mortellement blessées, mardi, par un missile. Un médecin a été tué par une explosion à proximité d'une ambulance. Au moins 39 enfants et 16 femmes figurent parmi les victimes civiles, de sources palestiniennes. Une quarantaine de roquettes ont été tirées, mardi, en direction d'Israël sans faire de victimes. Pour la première fois depuis le début du conflit, deux d'entre elles ont explosé dans les faubourgs de Beersheva, ville située à 40 kilomètres de la frontière de la bande de Gaza. Les tirs ont continué mercredi matin. Au total, plus de 200 roquettes ont été tirées depuis le début de l'offensive et ont fait 4 morts côté israélien. Les renseignements militaires israéliens estiment que les organisations armées palestiniennes disposent encore d'environ 2 000 projectiles.


Source : Le Monde (http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2008/12/31/les-europeens-plaident-pour-un-cessez-le-feu-et-l-ouverture-de-gaza_1136585_3218.html?xtref=http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2008/12/31/les-europeens-plaident-pour-un-cessez-le-feu-et-l-ouverture-de-gaza_1136585_3218.html?xtref=http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2008/12/31/les-europeens-plaident-pour-un-cessez-le-feu-et-l-ouverture-de-gaza_1136585_3218.html?xtref=http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2008/12/31/les-europeens-plaident-pour-un-cessez-le-feu-et-l-ouverture-de-gaza_1136585_3218.html)