15.01.2009

Algérie : plus de gaz pour l'Europe, moins de pétrole pour les marchés ?

Le Blog Finance, 15 janvier 2009

L'actuel conflit entre Russie et Ukraine sur fond de guerre de gaz pourrait ne pas faire que des perdants. Si la Norvège est bien placée pour y trouver quelques avantages, l'Algérie pourrait également renforcer sa position de fournisseur de l'Union européenne. Tout ceci , sans froisser la susceptibilité de son partenaire russe ... ou presque.

Cerise sur le gâteau, l'Algérie pourrait jouer - et gagner - sur les deux tableaux, profitant de ses "aubaines" commerciales sur la gaz ... pour annoncer une diminution de sa production de pétrole à moindres coûts, gagnant d'un côté ce qu'elle pourrait perdre de l'autre .... tout en contribuant à une éventuelle hausse du cours du pétrole. Bien joué, n'est-il pas ?

L'Algérie est prête à augmenter ses livraisons de gaz à ses clients de l'Union européenne, si les contrats le permettent, a en effet indiqué samedi le ministre algérien de l'Energie et des Mines, Chakib Khelil. Tentant ainsi de préserver la chève et le choux, à savoir son partenaire, le géant gazier russe Gazprom et ses clients ...

"Nous avons des contrats à long terme qui nous lient à nos différents partenaires en Europe, (...) nous pouvons augmenter les quantités livrées à ces partenaires si les contrats le permettent" a ainsi a déclaré M. Khelil, à l'issue d'une visite de travail de deux jours en Algérie de la ministre néerlandaise de l'Economie Maria Van Der Hoeven.

Anticipant quelques possibles "remontrances" de la Russie, le ministre algérien a néanmoins précisé qu'à contrario, si les contrats ne le permettaient pas, Alger ne pourrait augmenter son approvisionnement. Sous-entendu : nous ne ferons qu'appliquer les contrats, tous les contrats, rien que les contrats .... n'en déplaise à certains ... bloquant ainsi d'entrée toute discussion sur le sujet, se "limitant" à un strict cadre juridique.

Se faisant, M. Khelil a estimé que la crise gazière entre la Russie et l'Ukraine était "commerciale et non politique", histoire de ne pas changer de registre ... et d'expliquer à Moscou que la "proposition" algérienne n'était en aucun cas justifiée par une position politique.

Le ministre a néanmoins tenu à préciser que si Alger mène actuellement des négociations avec Madrid sur le prix du gaz, cette discussion ne serait jamais "une raison pour l'Algérie de couper ses livraisons de gaz à l'Espagne". Message destiné tant à l'Espagne et à l'UE toute entière en vue de prouver la sécurité offerte par les approvisionnements algériens .... que vers la Russie, critiquant à sa manière la "stratégie russe" .

Pour rappel, l'Algérie fournit actuellement à l'Union européenne environ 12% de ses besoins en gaz naturel, lesquels transitent actuellement via deux gazoducs dont l'extrémité se situe en Italie et en Espagne.

Alors que le gazoduc Medgaz prochainement mis en service pourrait permettre d'intensifier les livraisons, grâce à une capacité de 8 milliards de mètres cubes par an, une part de plus en plus importantes de gaz naturel liquéfié (GNL) est également exportée par la voie maritime. A l'heure actuelle, les premiers fournisseurs de gaz de la France sont le Norvégien StatoilHydro ou l’Algérien Sonatrach.

Pour augmenter ses parts de marché en Italie, la Sonatrach va également porter de 26 à 33 milliards de mètres cubes la capacité du Transmed passant par la Tunisie, auquel s'ajoutera en 2012 le Galsi, transitant par la Sardaigne. S'agissant du Transsaharien (le "NigAl"), une canalisation de 4.000 kilomètres devant connecter le Nigeria à l'Algerie, le "mégaprojet" est dans la phase de montage pour un horizon 2015-2017.

Chakib Khelil a par ailleurs précisé ce week-end que l'Algérie avait diminué sa production de pétrole de 200.000 barils/jour à partir du 1er janvier pour la ramener à 1,2 million de barils/jour (mbj). Ceci, conformément à la décision prise en décembre par l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) à Oran le 17 décembre dernier.


Source : Le Blog Finance avec AFP et RFI (http://www.leblogfinance.com/2009/01/gaz-lalgrie-prt.html)

14.01.2009

L'Union pour la Méditerranée victime collatérale de la guerre de Gaza

La Dépêche du Midi, 14 janvier 2009

Victime collatérale de la guerre de Gaza, l'Union pour la Méditerranée, projet-phare de la France, est gelée, les partenaires arabes refusant de rencontrer Israël.

"On peut parler d'un gel jusqu'à nouvel ordre", a affirmé mercredi à l'AFP un diplomate égyptien de haut rang, ajoutant que "les Arabes ne vont pas courir s'asseoir aux côtés des Israéliens dans un tel climat".

L'Egypte, qui assure la co-présidence de l'UPM avec la France, a pris l'iniative de demander le report de toutes les réunions prévues en janvier pour fixer des règles-clefs de gouvernance de l'Union euro-méditerranéenne.

En juillet dernier, le président français Nicolas Sarkozy avait lancé en grande pompe à Paris cette instance de 43 membres, dont les 27 pays de l'Union européenne, 11 partenaires arabes et Israël.

Une réunion politique des hauts fonctionnaires des pays membres et des comités techniques a été suspendue "temporairement" à la demande de l'Egypte, confirme-t-on de source européenne.

Ces rencontres devaient en particulier régler les questions de base, toujours en suspens, comme la composition et le mandat du secrétariat général chargé de gérer les projets concrets de l'UPM.

Le Caire a évoqué une "surcharge du calendrier diplomatique" liée aux efforts égyptiens pour tenter de mettre fin à la guerre qui a déjà fait près de 1.000 morts dans l'enclave palestinienne.

Mais cette "excuse officielle" servie aux Européens vise à dissimuler le "sentiment insupportable", dit-on au Caire, ressenti par les partenaires arabes à devoir discuter avec une délégation israélienne.

Interrogée à Strasbourg par l'AFP, la représentante de l'Autorité palestinienne auprès de l'UE, Leïla Chahid, a estimé que "même un cessez-le feu ne suffira pas" pour reprendre les réunions.

"Il est évident que nous n'allons pas, dans une situation où nos familles, nos enfants, nos femmes sont assassinés tous les jours par les bombardements, nous asseoir à table avec un gouvernement qui a pris cette décision".

C'est déjà au forceps que l'UPM avait surmonté à la fin de l'année une mini-crise autour de l'intégration de la Ligue arabe, une proposition que récusait, tactiquement, Israël.

Pour prix de son feu vert, Israël avait arraché en novembre, à Marseille, dans le sud-est de la France, un poste de secrétaire adjoint, en symétrie d'un poste similaire pour un représentant de l'Autorité palestinienne.

La décision avait été aussi prise lors de cette réunion ministérielle d'installer le siège de l'UPM à Barcelone, la grande ville catalane qui a donné son nom au processus de dialogue euro-méditerranéen lancé en 1995.

La France a espéré que sa nouvelle "union de projets" - comme la dépollution de la Méditerranée - permettrait notamment de dépasser les clivages politiques liés au conflit israélo-palestinien.

"On est retombé en plein dedans alors que l'UPM était déjà perçue par des pays arabes comme un moyen de leur arracher une normalisation avec Israël", a déclaré à l'AFP un diplomate du sud de l'Europe.

Pour ce diplomate, pour qui les pays arabes se satisfaisaient de la "politique de voisinage" et sont "très remontés" contre Israël, "la France va peiner à remettre sur les rails l'UPM".

Paris pourrait escompter un appui du Caire, même si l'initiative du président Sarkozy lancée il y a semaine pour finir la guerre de Gaza fait l'objet de commentaires mitigés dans les cercles du pouvoir.

Au terme d'une visite express au Proche-Orient, M. Sarkozy avait incité le président Moubarak a annoncer mardi dernier un plan de sortie de crise, à commencer par un cessez-le-feu encore introuvable.

"Ce que M. Sarkozy nous avait dit peut-être naïvement de ses contacts en Israël et en Syrie s'est avéré infondé" a estimé à l'AFP un diplomate égyptien de haut rang.

Source : ladepeche.fr (http://www.ladepeche.fr/article/2009/01/14/523937-L-Union-pour-la-Mediterranee-victime-collaterale-de-la-guerre-de-Gaza.html)

13.01.2009

Gaza : Assad appelle l'UE à faire pression

lefigaro.fr, 13 janvier 2009

Le président syrien Bachar al-Assad a demandé aujourd'hui aux pays européens d'"exercer des pressions" sur Israël pour qu'il cesse son offensive militaire dans la bande de Gaza, au cours d'un entretien avec le chef de la diplomatie espagnole Miguel Angel Moratinos, selon l'agence Sana.

"Il est nécessaire que les pays européens redoublent leurs efforts pour exercer des pressions sur Israël afin qu'il cesse son agression immédiatement, lève le blocus sur le peuple palestinien et ouvre tous les points de passage à Gaza", a dit M. Assad à son interlocuteur, selon Sana.

"Les pays européens doivent s'ouvrir à toutes les parties palestiniennes pour parvenir à des solutions efficaces", a poursuivi M. Assad, en référence au mouvement islamiste Hamas dont le bureau politique est basé à Damas et qui est considéré comme une organisation terroriste par l'Union européenne.

Lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue syrien Walid Mouallem, M. Moratinos a affirmé pour sa part que "la Syrie souhaitait jouer un rôle constructif pour mettre fin à la situation dramatique à Gaza".

"Nous voulons que tous les acteurs jouent un rôle pour mettre fin à cette tragédie. Il est nécessaire de parvenir à un cessez-le-feu le plus vite possible", a affirmé M. Moratinos, en indiquant qu'il se rendait dans l'après-midi en Israël et mercredi en Egypte.

"Nous oeuvrons sur les plans diplomatique et politique pour arrêter les (actions) israéliennes et pour faire cesser les tirs de roquettes (du Hamas) contre Israël", a ajouté le ministre espagnol.

"Israël doit arrêter son agression contre la bande de Gaza", a affirmé pour sa part M. Mouallem.

Source : lefigaro.fr avec AFP (http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/01/13/01011-20090113FILWWW00515-gaza-assad-appelle-l-ue-a-faire-pression.php)