24.01.2009

Les Arabes paralysés par une "guerre froide"

Le Monde, 17 janvier 2009

La violente offensive israélienne contre la bande de Gaza a révélé la gravité de la "guerre froide" qui paralyse la Ligue arabe, coupée en deux blocs qui renforcent son impuissance.

Vendredi 16 janvier, à Doha, au Qatar, un groupe de pays arabes a adopté un document de soutien aux Palestiniens prônant notamment la suspension de "toutes les formes de normalisation" avec Israël. Une décision que le pays hôte, qui abrite depuis plus d'une décennie un bureau commercial israélien, a dit vouloir immédiatement appliquer, ainsi que la Mauritanie, l'un des rares membres de la Ligue à entretenir des relations diplomatiques avec l'Etat juif.

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Les pays arabes réunis au Qatar ont également prôné "la suspension de l'Initiative arabe", une initiative de paix adoptée en 2002 par la Ligue arabe puis par des pays membres de l'Organisation de la conférence islamique (OCI) qui propose une normalisation avec Israël en échange du retrait israélien des territoires occupés depuis 1967.

Le problème est que ni l'Arabie saoudite ni l'Egypte, les pays les plus influents de la Ligue arabe, n'étaient présents à Doha, jugé trop accommodant avec la Syrie et, par extension, avec l'Iran. Le chef du bureau politique du Hamas palestinien, Khaled Mechaal, basé en Syrie, est venu au Qatar, mais pas le chef de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, alors que la réunion appelait "les factions palestiniennes", principalement le Hamas et le Fatah du président palestinien, "à l'entente et à l'unité nationale".

RÔLE DU QATAR

Depuis le début de la guerre de Gaza, le Qatar, qui prétend jouer les médiateurs dans la région, s'est efforcé de précipiter une réunion extraordinaire de la Ligue arabe, voulant jouer de ses bonnes relations avec Israël comme avec le Hamas. Cette initiative a été bloquée par les "poids lourds" arabes égyptiens et saoudiens, déjà marginalisés en mai 2008 par le petit émirat lors de la signature, à Doha, d'un accord interlibanais qui avait mis fin à une profonde crise institutionnelle ouverte par la vacance à la présidence du pays du Cèdre.

La Ligue arabe se réunira bien, mais au Koweït, les 19 et 20 janvier, à l'occasion d'une concertation prévue de longue date sur des questions essentiellement économiques. Il est très peu probable que la Ligue arabe donne suite, à cette occasion, aux propositions avancées vendredi à Doha. Il est en revanche plus plausible que la Ligue affiche une fois de plus son impuissance, compte tenu de la volonté israélienne de mettre fin de manière unilatérale au pilonnage de Gaza.

Car le refus israélien de tout accord avec le Hamas, par l'entremise de l'Egypte, porte un coup sévère au rôle de médiateur joué traditionnellement par Le Caire, contourné également par Israël à propos de la gestion de la frontière entre Gaza et son territoire. L'Egypte, en effet, n'a pas été mentionnée lors de la signature, vendredi, par la ministre israélienne des affaires étrangères, Tzipi Livni, et la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, d'un mémorandum (dont le texte n'a pas été rendu public) concernant la "série de mesures que les Etats-Unis et Israël vont prendre pour assécher le flot d'armes et d'explosifs vers Gaza".

Parmi les dégâts politiques collatéraux de l'offensive israélienne sur Gaza, il faut enfin mentionner les relations entre l'Etat juif et la Turquie, qui aurait également souhaité jouer les médiateurs. La Turquie avait accueilli en 2008 des négociations indirectes entre Israël et la Syrie. Ces contacts ont été gelés jusqu'à nouvel ordre.

Source : lemonde.fr (http://www.lemonde.fr/la-guerre-de-gaza/article/2009/01/17/les-arabes-paralyses-par-une-guerre-froide_1143110_1137859.html)

Tunisie : des experts relancent l'idée d'une banque pour l'UPM

Le Bien Public / Les dépêches : 19 janvier 2009

Des experts économiques d'Europe et du Maghreb appellent à accélérer la mise en place des institutions de l'Union pour la Méditerranée (UPM), relançant l'idée d'une banque régionale pour financer des projets « concrets », selon un document publié hier à Tunis.
Dans ce texte dit « appel de Tunis » issu d'un séminaire sur l'intégration économique, les participants d'Allemagne, Algérie, France, Maroc et Tunisie invitent les Etats européens à « accélérer l'intégration euro-méditerranéenne et demandent aux pays de la rive sud de relancer leur propre intégration. Ils insistent sur la création d'une « banque régionale dédiée au partenariat euro-méditerranéen », en référence à un ancien projet boudé par la Banque mondiale et la Banque européenne d'investissement, qui craignent un double emploi avec des mécanismes de financement existants.
Londres met la dernière main à un nouveau plan de sauvetage financier
Trois mois après un premier plan de sauvetage financier salué de par le monde, le gouvernement de Gordon Brown devrait une nouvelle fois voler au secours des banques britanniques cette semaine, en assurant sur les deniers publics leurs actifs à risque, selon les médias.
Le programme pourrait concerner 100 milliards de livres (110 milliards d'euros) d'actifs douteux, selon le Sunday Times. Les experts évaluent à 200 milliards de livres (220 milliards d'euros) le montant total des actifs à risque que possèdent les banques britanniques. Londres avait déjà lancé en octobre un programme de 37 milliards de livres (41 milliards d'euros) visant à recapitaliser les banques et qui a conduit à la nationalisation partielle de plusieurs d'entre elles, dont RBS et Lloyds TSB/HBOS.
Récession, déficits : les inquiétudes s'accroissent en Europe
L'avalanche de mauvaises nouvelles pour l'économie de la zone euro devrait continuer aujourd'hui avec la publication des nouvelles perspectives de Bruxelles pour 2009 et 2010, alimentant l'inquiétude sur l'ampleur de la récession et des déficits. La Commission européenne a avancé exceptionnellement ses prévisions économiques pour tenir compte de la crise économique qui rend caduc son précédent état des lieux.
Début novembre, Bruxelles prévoyait encore une croissance de 0,1 % en 2009 dans la zone euro, puis de 0,9 % en 2010. Mais depuis, le commissaire aux Affaires économiques Joaquin Almunia a prévenu que ces prévisions seraient revues en baisse. L'Organisation pour le coopération et le développement économiques (OCDE), le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque centrale européenne (BCE) prévoient désormais tous une récession en 2009. « Le pire est à venir », a encore prévenu cette semaine le secrétaire général de l'OCDE Angel Gurria.
Le siège de la banque suisse UBS vandalisé
Le siège de la plus grande banque suisse, UBS, l'une des plus affectées par la crise financière, a été vandalisé samedi soir, subissant des dégâts s'élevant à des dizaines de milliers de francs, a indiqué la police de Zurich (centre). De la peinture a été répandue sur les murs et des pneus en feu ont été placés devant le bâtiment. Des voitures garées dans les environs ont aussi été endommagées, a ajouté la police précisant qu'une trentaine de personnes avaient été vues en train de fuir les lieux. Deux personnes ont été arrêtées, a indiqué la police. Une des institutions bancaires les plus exposées au monde aux crédits hypothécaires à risque américains, UBS a dû procéder à un montant record de dépréciations d'actifs de 46,9 milliards de dollars. Elle est confrontée depuis plusieurs mois à une crise de confiance de ses clients qui lui ont retiré au cours de l'automne 83,6 milliards de francs suisses (51,8 milliards d'euros).

Source : http://www.bienpublic.com/actu/monde/20090119.BPA9288.html

Appel de Tunis: l'UPM, stratégie pour sortir de la crise

19 janvier 2009

Une quinzaine d'éminents économistes euroméditerranéens ont lancé, samedi, à Tunis, un appel aux fins
de réactiver, en cette période de crise aux conséquences incertaines, l'intérêt pour l'Union pour la Méditerranée (UPM), d'accélérer la mise en place de ses institutions et d'entamer l'exécution de projets concrets en matière d'agriculture, d'environnement, d'eau, d'énergie et de finance.

L'«Appel de Tunis », qui a fait objet d'un déjeuner débat organisé par l'Institut Arabe des chefs d'entreprise (IACE), relève que les 43 pays membres de l'UMP n'ont pas encore réellement pris la mesure de cette crise et que si rien n'est fait, maintenant, la région risque d'être marginalisée.

Les signataires, appellent les pays européens à saisir l'opportunité du programme d'UPM pour accélérer l'intégration économique euro-méditerranéenne et les pays du sud à relancer leur intégration régionale : «Aucune zone économique du sud n'est parvenue à émerger sans un minimum d'intégration économique régionale.

La zone asiatique fournit dans ce domaine un modèle, note l'Appel.

M. Mohamed Nouri Jouini, ministre du développement et de la coopération internationale, a indiqué que la Tunisie est tenue par l'obligation des résultats et s'attend à ce que des projets clairs soient définis et financés à des conditions favorables.

Il a ajouté que l'UMP se doit également de favoriser la libre circulation des personnes dans les deux sens et de renforcer le sentiment d'appartenance à un même espace.

Quant à M.Afif Chelbi, ministre de l'industrie, de l'énergie et des PME, le temps joue contre l'UPM d'où tout l'intérêt de lancer un signal fort en entamant la mise en œuvre, dans les meilleurs délais, de projets concrets.

Au nombre de ces projets, il a cité le financement des études de faisabilité des interconnexions électriques, du projet de production d'électricité, au sud de la Tunisie, à partir de l'énergie solaire et d'un autre de dépollution chimique (2 milliards d'euros).

Evoquant la délicate question du financement de l'investissement dans la zone euro-méditerranéenne, les signataires ont recommandé la création d'une banque régionale dédiée au partenariat dans le cadre de l'UPM. Interpellé sur les éventuelles ressources de cette institution financière, M.Christian de Boissieu (France), universitaire et Président délégué du Conseil d'Analyse Economique auprès du premier ministre français, a indiqué que cette banque peut collecter une partie de l'épargne européenne et bénéficier d'un redéploiement des mécanismes classiques mis en place par l'Union européenne pour financer le partenariat euroméditerranéen.

Source : http://www.espacemanager.com/a-la-une/appel-de-tunis-l-upm-strategie-pour-sortir-de-la-crise.html