06.01.2009

L'UE peine à pallier l'absence américaine face à l'embrasement de Gaza

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La Dépêche, 6 janvier 2009

Les Européens ont beau vouloir combler le vide créé par le changement d'administration américaine et tout faire pour arracher un cessez-le-feu à Gaza, leurs efforts risquent d'être vains car leur influence sur les belligérants est très limitée, selon des analystes.

Son tour de présidence de l'UE à peine terminé, le président français Nicolas Sarkozy, a entamé lundi une tournée éclair dans la région, enchaînant les rencontres en Israël, en Egypte, en Syrie et au Liban.

Le Premier ministre israélien Ehud Olmert a indiqué clairement lundi qu'Israël poursuivrait son offensive sans l'assurance d'un arrêt total des tirs de roquettes depuis Gaza sur Israël.

La troïka européenne, emmenée par le chef de la diplomatie tchèque Karel Schwarzenberg dont le pays préside maintenant l'UE, doit elle rentrer mardi soir à Prague après deux jours dans la région.

Tout en affirmant voir des "signaux positifs", M. Schwarzenberg a reconnu mardi en Jordanie, sa dernière étape, qu'il faudrait "plusieurs jours pour voir une vraie lueur, pour vraiment voir quand cette guerre prendra fin".

"On n'avait pas vu la diplomatie européenne aussi active depuis des années", souligne Jan Egeland, président de l'Institut norvégien des Affaires internationales et ex-secrétaire général adjoint de l'ONU.

"Mais cela ne peut pas nous faire oublier certaines réalités, à savoir que ce sont les Etats-Unis qui ont la responsabilité, avec toute leur puissance et leur influence, de pousser" à la négociation Israël.

"Je prie pour l'UE tous les soirs, j'espère qu'ils pourront obtenir quelque chose, mais je ne crois pas qu'elle soit capable de contraindre Israël ou le Hamas à changer d'attitude", ajoute-t-il.

Pour lui, seule une pression internationale coordonnée -dirigée par les Etats-Unis mais incluant aussi la Russie ou la Chine- sur les principaux pays de la région (Israël, Egypte et Iran) peut être vraiment efficace, les Palestiniens et Israéliens ne faisant eux que "se provoquer".

"J'aurais voulu voir une délégation emmenée par les Américains avec un représentant de l'UE", dit-il, "au lieu de quoi on a eu deux délégations européennes et aucune délégation américaine".

Pour l'analyste Clara O'Donnell, la présence des deux délégations, même porteuses d'un même message de cessez-le feu et de mise en garde sur la dégradation de l'image internationale de l'Etat juif, a conforté l'impression que l'Europe "ne parle pas d'une seule voix".

L'UE pâtit selon elle d'un autre handicap de taille pour jouer un rôle de médiateur dans ce conflit: "elle n'a pas grand chose à offrir".

Lorsque l'UE propose de rouvrir le passage de Rafah, le seul point de sortie de Gaza qui ne débouche pas en Israël mais en Egypte, "c'est une promesse vide", puisque cela suppose que l'Autorité palestinienne reprenne le contrôle de Rafah et que c'est impossible aujourd'hui, dit-elle.

De plus, l'UE a toujours refusé d'aller plus loin dans sa mission d'"observation" de ce point de passage en acceptant -point clé pour Israël- d'appréhender si nécessaire les personnes soupçonnées d'acheminer des armes de contrebande à Gaza.

Autre handicap: si l'UE a l'avantage de pouvoir parler à un pays comme la Syrie - contrairement à Washington - elle refuse aussi de parler aux dirigeants du Hamas, l'organisation islamiste figurant sur sa liste d'organisations terroristes.

"C'est difficile de jouer un rôle de médiateur quand on ne parle pas à l'un des acteurs importants", souligne Clara O'Donnell.

"Comment peut-on traiter le Hamas comme s'il n'existait pas? Cela me dépasse", souligne M. Egeland.

Pour lui comme pour Clara O'Donnell, si un cessez-le-feu intervient prochainement, ce sera parce que "la situation aura changé sur le terrain", soit qu'Israël y soit prêt parce que le Hamas a été suffisamment affaibli, soit que le Hamas le demande moyennant certaines conditions...

Source : ladepeche.fr (http://www.ladepeche.fr/article/2009/01/06/517915-L-UE-peine-a-pallier-l-absence-americaine-face-a-l-embrasement-de-Gaza.html)

Gaza - Les cartes du jeu diplomatique français

France soir, 6 janvier 2009


Trente-six heures chrono. C’est le temps que Nicolas Sarkozy aura pris pour rencontrer les principaux acteurs du Proche-Orient, à l’exception du Hamas, et tenter d’obtenir une trêve humanitaire à Gaza. Une tournée entamée hier à Charm el-Cheikh, sur la mer Rouge, où il a déjeuné avec le président Hosni Moubarak. Le chef de l’Etat français a déclaré travailler avec son « ami égyptien », avec qui il copréside l’Union pour la Méditerranée, à « une initiative commune ». Un plan qui prévoit un cessez-le-feu, « un retour à la trêve entre Palestiniens et Israéliens », l’ouverture de points de passage et un mécanisme pour surveiller un nouvel accord.

« Les violences doivent cesser »

« Le temps travaille contre la paix », a martelé Nicolas Sarkozy, qui s’est ensuite rendu dans le territoire palestinien de Cisjordanie. « Nous avons condamné sans ambiguïté l’offensive terrestre israélienne. Les violences doivent cesser et l’acheminement de l’aide humanitaire doit être facilité », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse conjointe avec le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.

Tout en dénonçant l’attitude « irresponsable et impardonnable » du Hamas, le président français a assuré qu’il entendait, lors du dîner prévu le soir avec les dirigeants israéliens, redire « avec toute la franchise que l’on doit à un ami » que « le monde ne comprendrait pas qu’Israël laisse la situation humanitaire devenir encore plus dramatique qu’elle ne l’est aujourd’hui ».

Le chef de l’Etat doit poursuivre aujourd’hui sa tournée en Syrie, sur laquelle il compte afin de faire pression sur le chef politique du Hamas, Khaled Mechaal, qui vit en exil à Damas. Il doit achever sa tournée cet après-midi par le Liban. Mais en quelle qualité ?
Sans mandat particulier

L’Union européenne désormais présidée par les Tchèques, l’Union pour la Méditerranée aux contours encore flous, l’absence d’accord au sein du Conseil de sécurité des Nations unies et le Quartet des médiateurs proche-orientaux (Etats-Unis, Union européenne, Russie et Nations unies) qui se choisit Tony Blair pour émissaire, Nicolas Sarkozy n’en a cure. S’il ne dispose d’aucun mandat particulier, il a justifié hier, dans une entretien à trois quotidiens libanais, son voyage au Proche-Orient par la « responsabilité particulière » de la France, qui « a su construire un lien de confiance et d’amitié avec l’ensemble des parties ». « Est-ce que nous parviendrons à faire taire les armes ? Je n’en sais rien », a-t-il déclaré, mais « franchement, qui pourrait me reprocher de tout tenter pour mettre enfin un terme à tant de souffrances ? »

De mandat, Nicolas Sarkozy n’en avait pas non plus pour envoyer son ex-épouse Cécilia chercher les otages bulgares en Libye. Son succès en Géorgie, cette fois à la tête de l’UE, a conforté son goût des situations de crise. « Messie salvateur », « Roi mage opportun », « leader autodésigné », la presse étrangère pointait hier avec ironie ce goût des missions impossibles, tout en guettant ses initiatives. Les Etats-Unis attendant l’arrivée de Barack Obama, la présidence tchèque étant divisée, l’Allemagne et le Royaume-Uni moins impliqués, Nicolas Sarkozy peut bien profiter de cette fenêtre de tir pour exister sur la scène internationale. Son côté atlantiste et « ami d’Israël », contrebalancé par ses bons rapports avec les présidents syrien et égyptien, ainsi qu’avec les médiateurs turcs ou du Qatar, pourrait peser efficacement, dans un premier temps, sur le front humanitaire.


De Charles de Gaulle à Nicolas Sarkozy

« Les juifs (…) peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur… » Cette formule du général de Gaulle condamnant l’agression puis l’occupation israélienne des territoires, en 1967, a marqué une rupture avec la politique traditionnelle de la France à l’égard d’Israël et l’a classée pour longtemps dans le camp des pro-Arabes. Une politique fondée sur la condamnation de la guerre que poursuivront Georges Pompidou puis Valéry Giscard d’Estaing. En 1975, ce dernier ouvre une nouvelle page en autorisant l’ouverture à Paris d’un bureau de l’OLP de Yasser Arafat.

Avec l’arrivée de la gauche au pouvoir, en 1981, la politique française au Proche-Orient change plus dans le ton que sur le fond. Si François Mitterrand est le premier chef d’Etat français à se rendre en visite officielle en Israël et à prononcer un discours devant la Knesset, il continue néanmoins de soutenir Arafat et le reçoit à l’Elysée en mai 1989. Jacques Chirac deviendra, lui, le « docteur Chirac » pour le chef de l’OLP, qui lui prête une propension à soigner les maux du Proche-Orient, qu’il connaît et apprécie. Pourtant, sur le dossier du conflit israélo-palestinien, il assure la continuité en affirmant le droit des Palestiniens à un Etat et celui des Israéliens à l’existence et à la sécurité, mais vers la fin de son mandat il a voulu infléchir l’image d’une France exclusivement pro-arabe. Nicolas Sarkozy, « l’ami intime d’Israël » selon les termes de Shimon Peres, a répété durant la campagne présidentielle vouloir une rupture avec le passé. Mais l’ami d’Israël se veut libre d’entretenir de bonnes relations avec les Etats voisins. Malgré les critiques, il reçoit le chef de l’Etat libyen Mouammar al-Kadhafi et le président syrien Bachar al-Assad, allié de l’Iran, avec lesquels il prône le dialogue.

Source : FranceSoir.fr (http://www.francesoir.fr/enquete/2009/01/06/gaza-les-cartes-du-jeu-diplomatique-francais.html)

L’Algérie déplore le caractère politique du secrétariat de l'Union pour la Méditerranée (UPM)

Tout sur l'Algérie 6 janvier 2009
Le ministre des Affaires étrangères Mourad Medelci a critiqué le caractère «politique» et pléthorique du secrétariat de l'Union pour la Méditerranée (UPM) suite aux décisions prises par les chefs de la diplomatie des pays membres en novembre à Marseille. Au cours d'un entretien lundi soir à la radio internationale algérienne rapporté par l'agence APS, M. Medelci a affirmé que les rôles au sein du secrétariat de l'UPM ont été "généreusement répartis" au cours de cette réunion.

"Au lieu d'un secrétariat technique et compte tenu du choix des pays, on s'est retrouvé avec un secrétariat politique", a-t-il dit, ajoutant: "Nous sommes sortis avec de nouvelles ambitions à Marseille qui nous ont parues extravagantes". "Au lieu d'un secrétariat léger et technique tel que décidé au sommet de Paris", qui a donné naissance en juillet dernier à l'UPM, la réunion de Marseille a décidé d'un "secrétariat composé de sept secrétaires généraux adjoints", a relevé le ministre.

Deux de ces postes ont notamment été attribués à l'Autorité palestinienne et Israël.

M. Medelci a aussi déploré que le secrétaire général de l'organisation ne soit pas encore désigné - poste auquel l'Algérie "n'est pas candidate" - alors que la déclaration de Paris prévoyait qu'il serait opérationnel au 1er janvier 2009. Un consensus ministériel s'était dégagé à Marseille pour que l'UPM siège à Barcelone et que la Ligue arabe en soit membre à part entière en contrepartie d'un secrétariat général adjoint pour Israël.

Source : TSA (http://www.tsa-algerie.com/L-Algerie-deplore-le-caractere-politique-du-secretariat-Unio_5764.html)