29.01.2009

Union pour la Méditerranée (UPM) : le double langage d’Alger


Tout sur l'Algérie, 22 janvier 2009

Les multiples appels de la société civile et de plusieurs personnalités nationales n'ont pas réussi à faire bouger le président Bouteflika sur le dossier. L'Algérie ne va pas se retirer du projet d'Union pour la Méditerranée (UPM). Pourtant les prétextes pour un tel retrait ne manquent pas. Non seulement Israël, qui vient de massacrer 1500 Palestiniens, est membre de l'UPM mais l'Europe, à sa tête la France, a apporté un soutien clair à cette agression. Mercredi, à Bruxelles où la ministre israélienne des Affaires étrangères -soupçonnée de crimes de guerre- a été reçue en grande pompe, l'Union européenne s'est clairement rangée du côté d'Israël.

Face aux critiques, le ministre des Affaires étrangères Mourad Médelci, a choisi le silence. Il a refusé plusieurs demandes d'interviews, y compris celles émanant de médias publics, avant de se décider à aborder le sujet. Mais en bottant en touche. Le 6 janvier, dans une déclaration à la radio, il a déploré «le caractère politique du secrétariat de l'Union pour la Méditerranée». Une déclaration technique et incompréhensible d'autant qu'elle est intervenue plus de deux mois après la réunion de Marseille durant laquelle le secrétariat avait été installé sans aucune protestation de l'Algérie.

En réalité, Alger n'a jamais émis de réserves concernant l'UPM auprès de Paris. Bien au contraire. Une source diplomatique française a indiqué à TSA (www.tsa-algerie.com) que dans les réunions bilatérales, les Algériens tiennent un langage flatteur à l'égard de Paris et du projet d'Union pour la Méditerranée. Ils se montrent même compréhensibles et donnent des arguments aux Français qui n'en demandent sans doute pas tant. « A chaque fois les Algériens soulignent que le projet initial lancé par la France était certes meilleur que la version actuelle. Mais, selon eux, ces modifications ne sont pas du fait de la France mais de l'Europe », souligne notre source. Un langage qui flatte la partie française qui a toujours attribué les difficultés de l'UPM aux partenaires européens de Paris, à commencer par Berlin.

En réalité, les Algériens sont loin d'être satisfaits par l'UPM. Aucune de leurs demandes n'a été prise en compte et le 13 juillet dernier, à Paris, le président Bouteflika s'est contenté de faire de la figuration, éclipsé par l'Egyptien Moubarak. Même le président syrien avait obtenu ce qu'il était venu chercher : un retour par la grande porte sur la scène internationale. En plus, l'Algérie, pays gazier et pétrolier, n'a rien à gagner d'une participation à l'UPM.

Reste une question : pourquoi l'Algérie continue de soutenir un projet qui va à l'encontre de ses convictions - présence d'Israël- et ne représente aucun intérêt stratégique ? La réponse serait à chercher dans les ambitions personnelles du président Bouteflika. Le chef de l'Etat sortant, à quelques semaines des présidentielles, ne veut surtout pas provoquer un incident avec Paris. En l'absence de candidats sérieux et crédibles, la reconnaissance internationale constitue la dernière carte entre les mains de M. Bouteflika pour donner du crédit sa réélection annoncée.

Source : http://www.tsa-algerie.com/Union-pour-la-Mediterranee--UPM----le-double-langage-d-Alger_5933.html

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