09.01.2009
Les négociations sur le plan franco-égyptien piétinent
L'Express - 9 janvier 2009
JERUSALEM - Les négociations entamées au Caire en vue d'un cessez-le-feu dans la bande de Gaza semblent piétiner en raison d'un différend entre l'Egypte et Israël sur la sécurisation de la frontière du territoire palestinien et la fin du trafic d'armes destinées au Hamas, apprend-on de sources diplomatiques.
Le Caire serait hostile au déploiement de forces étrangères du côté égyptien de cette frontière de 15 km, selon des diplomates israéliens et européens.
L'Egypte a fait savoir à l'Etat juif qu'elle accepterait tout au plus un renforcement de l'aide technique internationale pour aider ses propres troupes à lutter contre le trafic d'armes via les tunnels creusés sous la frontière.
Les autorités israéliennes ont fait de la fin de ce trafic l'une des conditions d'un cessez-le-feu.
"Les négociations ne mènent nulle part, pour le moment. Le sentiment que le plan franco-égyptien ne fonctionnera pas gagne du terrain", a déploré un diplomate européen impliqué dans les discussions.
Le plan a été présenté mardi soir par le président égyptien Hosni Moubarak, après un entretien avec son homologue français Nicolas Sarkozy, et bénéficie du soutien des Etats-Unis.
Il préconise un cessez-le-feu immédiat et l'ouverture de discussions sur la sécurisation de la frontière entre l'Egypte et la bande de Gaza, ainsi que la réouverture des points de passage frontaliers.
OBJECTIONS DU HAMAS
Les diplomates européens et israéliens décrivent cependant comme importantes les divergences qui séparent les négociateurs de l'Egypte et de l'Etat hébreu.
"Ils (les Egyptiens) nous ont dit qu'ils n'accepteraient pas une force de leur côté" de la frontière, connu en Israël sous le nom de "couloir de Philadelphie", a indiqué un haut responsable israélien.
"L'Egypte accepterait une aide technique beaucoup plus poussée", a-t-il dit, tout en ajoutant qu'Israël reste très sceptique quant à l'efficacité d'une telle mesure.
Aucun commentaire n'a pu être obtenu des Egyptiens.
Les diplomates soulignent qu'un déploiement d'une force internationale du côté palestinien de la frontière paraît fort peu probable en raison des objections du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza et n'a pas encore donné sa position formelle sur le plan égyptien.
Les responsables israéliens notent que leurs interlocuteurs égyptiens doutent que le Hamas acceptera le plan. Le mouvement islamiste a déjà rejeté la présence de forces internationales dans le territoire.
La Turquie est l'un des rares pays qui semblent disposés à envoyer des troupes à la frontière, note-t-on côté européen.
Le porte-parole de la diplomatie européenne, Javier Solana, a minimisé la nécessité d'envoyer un contingent de forces terrestres en estimant que la technologie était plus importante. L'UE préfèrerait envoyer "de l'argent et de la technologie" à l'Egypte, a déclaré un haut diplomate.
Parmi les moyens envisagés figurent des sonars pour repérer les tunnels de contrebande et d'autres engins de détection géologique.
D'après Reuters
Source : http://www.lexpress.fr/outils/imprimer.asp?id=730480
17:13 Publié dans Conflit Israélo-Palestinien | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : conflits israélo-palestinien, diplomatie française, union européenne


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