05.01.2009
La mission compliquée de Sarkozy au Proche-Orient
Le Point, 5 janvier 2009
Alors que plusieurs missions diplomatiques se sont mises en route vers une région à nouveau extrêmement tendue , Nicolas Sarkozy a commencé lundi en Égypte, Cisjordanie et Israël, une tournée de deux jours au Proche-Orient pour chercher les "chemins de la paix". La mission est d'ores et déjà compliquée par l'assaut terrestre lancé samedi par Israël à Gaza , neuf jours après le lancement de l'opération "Plomb durci". Le président de la République fera "tout ce qui est humainement possible de faire" pour favoriser la paix, affirme malgré tout son proche conseiller Henri Guaino.
Arrivé en début d'après-midi à Charm al-Cheikh, sur la mer Rouge, Nicolas Sarkozy a déjeuné avec le président Hosni Moubarak, son partenaire dans l'Union pour la Méditerranée et allié du camp occidental. L'entretien entre les deux dirigeants s'est concentré sur "les efforts de l'Égypte pour parvenir à un cessez-le-feu immédiat à Gaza (...) et un retour à la trêve entre Palestiniens et Israéliens", rapporte l'agence officielle Mena. Le président Moubarak a également reçu dans la matinée la troïka européenne, composée des ministres tchèque, français et suédois des Affaires étrangères, et une délégation des islamistes du Hamas devait se rendre lundi soir au Caire. L'Égypte, qui s'estime être un médiateur incontournable en dépit des critiques virulentes des radicaux de la région, Syrie et Iran inclus, a mis au point un plan de sortie de crise en quatre points. Elle prévoit un cessez-le-feu immédiat, un retour à la trêve, l'ouverture des points de passage et un mécanisme international de garanties pour s'assurer de l'application du nouvel accord.
Comme il l'avait fait en août lors du conflit russo-géorgien, Nicolas Sarkozy doit rencontrer en 36 heures les principaux acteurs de la région, à l'exception du Hamas, avec l'ambition d'obtenir une trêve humanitaire. Il doit rencontrer en fin d'après-midi le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à Ramallah (Cisjordanie), puis le Premier ministre israélien Ehoud Olmert à Jérusalem. À Ramallah, Nicolas Sarkozy va être rejoint par une délégation européenne pilotée par le ministre des Affaires étrangères tchèque Karel Schwarzenberg. Mardi matin, il se rendra en Syrie, puis au Liban, terme de sa tournée. À deux semaines de l'entrée en fonction du nouveau président américain Barack Obama, Nicolas Sarkozy estime que la France et l'Europe peuvent jouer un rôle dans une région traditionnellement dominée par la diplomatie américaine.
"Responsabilité lourde du Hamas"
Dans un entretien à trois quotidiens libanais, le président français reconnaît que sa tâche sera rude alors que plus de 520 Palestiniens ont été tués depuis le début de l'offensive et que les roquettes tirées de Gaza continuent de s'abattre sur le sud d'Israël. "Ce n'est pas parce que c'est compliqué que cela a moins de sens" de venir au Proche-Orient, estime-t-il, "au contraire, le lancement de l'offensive terrestre israélienne rend la nécessité de parvenir à un cessez-le-feu plus urgente encore".
Comme les autres capitales occidentales, à l'exception de Washington, Paris a condamné l'opération terrestre israélienne, qualifiée d'"escalade militaire dangereuse". Le président français a condamné "avec la même fermeté" la poursuite des tirs sur Israël, estimant que le Hamas portait "une responsabilité lourde dans la souffrance des Palestiniens de Gaza". Pour forcer une trêve, Nicolas Sarkozy compte abattre la carte syrienne, en rencontrant Bachar al-Assad. Principal artisan du retour de la Syrie sur la scène internationale, il compte désormais sur l'aide de son homologue pour faire pression sur le chef politique du Hamas Khaled Mechaal, qui vit en exil à Damas.
Le président français espère aussi tirer profit de sa qualité d'"ami d'Israël" pour essayer de convaincre les dirigeants de l'État hébreu d'accepter le principe d'une trêve. Mais la ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni, a rejeté lundi un nouvel appel de la troïka européenne à un cessez-le-feu immédiat, soulignant qu'Israël était déterminé à "changer la donne dans la région".
Source : lepoint.fr (http://www.lepoint.fr/actualites-monde/la-delicate-mission-de-sarkozy-au-proche-orient/924/0/304213)
14:33 Publié dans Conflit Israélo-Palestinien | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : présidence française de l'ue, conflits israélo-palestinien


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