31.12.2008

Les Européens plaident pour un cessez-le-feu et l'ouverture de Gaza

Le Monde, 31 décembre 2008

La fin de l'administration de George Bush et les divisions au sein de la Ligue arabe, qui devait se réunir mercredi 31 décembre, ont créé un vide diplomatique au Proche-Orient que l'Union européenne s'est efforcée de combler, mardi. Au quatrième jour de l'offensive israélienne sur Gaza, décidée initialement pour faire cesser les tirs palestiniens sur Israël, les ministres européens des affaires étrangères se sont réunis à Paris autour de Bernard Kouchner, à la veille de la fin de la présidence française.

En dépit de leurs divergences sur l'opération en cours - jugée légitime par les uns, disproportionnée par les autres -, les Européens sont parvenus à une déclaration commune réitérant les appels au cessez-le-feu lancés depuis le début des bombardements israéliens. Auparavant, M. Kouchner avait proposé un "cessez-le-feu humanitaire" de 48 heures pour créer un climat favorable à une accalmie.

Les Européens ont également abordé la question du blocus de Gaza, en vigueur depuis la prise de contrôle de ce territoire par le Hamas, en juin 2007. Dans leur déclaration, ils ont ainsi lié "l'arrêt des combats" à la "réouverture pérenne et normale de tous les points de passage" entre Israël et Gaza, et entre l'Egypte et le territoire palestinien.

Déjà présents comme observateurs au terminal de Rafah vers l'Egypte, lorsqu'il fonctionnait, les Européens se sont déclarés disposés "à examiner la possibilité d'élargir leur assistance à d'autres points de passage", une proposition ambitieuse qui sera sans doute très difficile à faire accepter par Israël. Soucieux enfin de ménager le chef de l'Autorité palestinienne, les Européens ont enfin plaidé pour "la réconciliation interpalestinienne derrière le président Mahmoud Abbas", et exprimé leur soutien aux "efforts de médiation de l'Egypte et de la Ligue arabe en ce sens".

L'Egypte n'apparaît cependant plus comme un médiateur incontesté entre Israël et le Hamas. Accusé par ce dernier d'avoir donné son feu vert à l'opération israélienne, le président égyptien Hosni Moubarak a campé sur ses positions, mardi, à la télévision égyptienne. "Nous vous avions plusieurs fois prévenus que le refus de la trêve allait pousser Israël à attaquer Gaza", a-t-il affirmé à l'attention du Hamas, tout en condamnant les raids israéliens. M. Moubarak a aussi refusé l'ouverture unilatérale de Rafah et plus généralement de la frontière égyptienne exigée par le Hamas et le Hezbollah libanais.

LA TRÊVE EN QUESTION

Côté israélien, après une première réunion infructueuse, mardi, le cabinet de sécurité a semblé rejeter, mercredi, la proposition française de trêve de quarante-huit heures. Selon les médias israéliens, Ehoud Barak, ministre de la défense, ainsi que quelques autres ministres, serait favorable à une cessation des combats pendant deux jours. Des militaires et des responsables des services de sécurité pencheraient plutôt en faveur d'une poursuite de l'opération "Plomb durci".

Plusieurs membres de ce cabinet auraient exprimé le souci que l'acceptation d'une trêve ne soit pas exploitée par le Hamas pour revendiquer un succès diplomatique. Dans ce contexte, il a néanmoins été décidé de faire appel à 2 500 réservistes supplémentaires, ce qui porte pour l'instant à 6 700 le nombre de soldats rappelés sous les drapeaux.

Michel Bôle-Richard (à Jérusalem) et Gilles Paris
Près de 400 Palestiniens tués

"Nous n'avons pas encore fini le travail", a déclaré, mardi 30 décembre, Gabi Ashkenazi, chef d'état-major israélien. Trente-cinq objectifs ont encore été ciblés au cours de la nuit de mardi à mercredi. Les avions ont notamment bombardé des tunnels vers l'Egypte dans le sud de Gaza ainsi que divers bâtiments utilisés par le Hamas. Au cinquième jour de l'opération "Plomb durci", près de 400 Palestiniens ont déjà été tués - des membres du Mouvement de la résistance islamique (Hamas) en majorité, mais également des civils. Deux fillettes de 5 et 12 ans ont ainsi été mortellement blessées, mardi, par un missile. Un médecin a été tué par une explosion à proximité d'une ambulance. Au moins 39 enfants et 16 femmes figurent parmi les victimes civiles, de sources palestiniennes. Une quarantaine de roquettes ont été tirées, mardi, en direction d'Israël sans faire de victimes. Pour la première fois depuis le début du conflit, deux d'entre elles ont explosé dans les faubourgs de Beersheva, ville située à 40 kilomètres de la frontière de la bande de Gaza. Les tirs ont continué mercredi matin. Au total, plus de 200 roquettes ont été tirées depuis le début de l'offensive et ont fait 4 morts côté israélien. Les renseignements militaires israéliens estiment que les organisations armées palestiniennes disposent encore d'environ 2 000 projectiles.


Source : Le Monde (http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2008/12/31/les-europeens-plaident-pour-un-cessez-le-feu-et-l-ouverture-de-gaza_1136585_3218.html?xtref=http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2008/12/31/les-europeens-plaident-pour-un-cessez-le-feu-et-l-ouverture-de-gaza_1136585_3218.html?xtref=http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2008/12/31/les-europeens-plaident-pour-un-cessez-le-feu-et-l-ouverture-de-gaza_1136585_3218.html?xtref=http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2008/12/31/les-europeens-plaident-pour-un-cessez-le-feu-et-l-ouverture-de-gaza_1136585_3218.html)

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